L'Empire du Belondor

Micronation s'inspirant du Premier et du Second Empire français ainsi que de la Rome antique.
 
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 L'Impertinent : numéro 14 bis

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Erica Lahan



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MessageSujet: L'Impertinent : numéro 14 bis   Dim 8 Juil - 4:03

Emission spéciale sur Belondaure Télévision 1
Interview exclusive de l’empereur, depuis le palais impérial : « Cachez ce blanc seing, que l’on ne saurait voir… »


A croire que l’exercice ait été jugé trop périlleux par Sa Majesté, car cette fois-ci, nous sommes privé de la « conférence de presse(qui n’apparaît plus tellement obligatoire) de fin de mois ». Celle-ci est en effet remplacée par une interview exclusive donnée par l’empereur en direct du palais impérial, et retransmise par la chaîne publique(sous la responsabilité directe du consul à l’intérieur), le 27 juin : pas de journalistes, mais un seul « questionneur ». Une formule beaucoup plus rassurante, sans doute, qui a le mérite d’éviter les questions gênantes. Et le fait que l’émission soit retransmise en direct en dit long sur la confiance de sa Majesté, qui a pu dire tout le mal qu’il pensait de la justice et de la constitution( votée à 85 % par le peuple et dont il a approuvé les travaux), sans être véritablement contredit. L’empereur espère-t-il paraître plus convaincant avec le label « vu à la TV » ? Possible, mais d’aucun savent que l’exercice est périlleux, pouvant tout aussi bien amplifier une mauvaise image plutôt écornée en ce moment, du fait de ses récentes déclarations fracassantes sur la constitution, la justice, et la presse, ainsi que son décret sur l’Eglise syiste….le tout ne manquant pas d’inquiéter la classe politique et le peuple belondaures.

L’animateur propose, pour le show impérial, d’interroger Sa Majesté sur le Mnibet, la Politique Etrangère et la Constitution. A terme, on ne peut être que frustré d’une émission qui est restée en deçà de ce que l’on pouvait attendre d’une chaîne censée être indépendante, en dépit de quelques trop rares bonnes questions, qui auraient pu être plus fouillées. A croire que l’animateur a hésité à bousculer son interlocuteur et à aller au fond des choses.
L’interview avait pourtant bien commencée : l’animateur attaque d’entrée de jeu, interpellant l’empereur sur le fait que Mnibet se soit estimé « blessé par le Belondor ». Condescendant, et en donnant l’impression de prendre le sujet avec hauteur, l’empereur juge « qu'il y a eu un malentendu », reconnaissant avoir eu « des paroles maladroites » en disant que le Mnibet était une théocratie, avant d’accuser cette nation de ne pas respecter les droits fondamentaux, comme ceux relatifs à « la protection de l'intégrité physique des personnes » ou « la liberté d'expression ». L’urgence, pour Sa Majesté, est de « trouver un accord diplomatique avec le Mnibet afin de pouvoir rapatrier nos ressortissants vivant dans ce Royaume montagneux », puisque leur intégrité physique est, d’après l’empereur, « menacée ». Se voulant rassurant, l’empereur assure que les ressortissants mnibétains au Belondor, « pourront rester chez nous, et ne seront en rien menacés ». Mais l’empereur, grand défenseur des droits de l’hommistes et de la démocratie est-il bien placé pour qualifier une nation de « théocratie », quand, comme le fait remarquer l’animateur, il semble s’approprier le pouvoir spirituel, de par son récent décret du 30 Sibenine 2709 amendant le décret impérial du 28 Sibenine 2709 portant sur l'Eglise Syiste belondaure, dite "belonne" ? En clair, l’empereur décide de son propre chef d’occuper lui-même les fonctions de « Chef de l'Eglise Syiste belondaure », prenant ainsi le nom d' « Archichancelier Suprême de l'Eglise Syiste belondaure dite belonne» et nommant le Primat de l'Eglise Syiste belondaure.
Mais dans ce cas, interroge le journaliste de la chaîne publique, « n'y a-t-il pas là une confusion du spirituel avec le pouvoir temporel(alors que la constitution ne l’autorise pas) ? Le Belondor ne risque-t-il pas ainsi d'être orienté vers un régime...théocratique, justement ? »
L'Empereur, qui se veut « serein », rit alors de bon coeur : « Non... vraiment », dit-il, « je crois que les gens ne doivent pas lire les explications nombreuses que l'on fait et ne veulent croire que ce qu'ils veulent bien voir...Il ne faut pas que vous vous inquiétez... le Belondor ne deviendra pas une théocratie. Jamais » et « continuera à protéger les minorités religieuses » . L’Empereur n’aurait d’ailleurs agit uniquement dans le seul but de sauver l'Eglise, fragilisée par le silence des autorités syistes. « C'est le Primat de l'Eglise Syiste belondaure dite "belonne", qui aura la chargé d'écrire une Constitution de l'Eglise Syiste belondaure(…)et de diriger celle-ci », explique-t-il... « il sera le véritable gouvernant de l'Eglise désormais. L'Empereur n'intervenant qu'au cas où une décision entraverait la liberté des citoyens(…)Mon décret n'était donc là que pour mettre fin à une crise et permettre à Monseigneur du Therine qui faisait ce qu'il pouvait, d'avoir plus de pouvoirs et de pouvoir agir réellement ». Il est alors intéressant de savoir ce que répondra l’empereur, à la demande officielle de Son Excellence Monseigneur Louin-Philin du Therine souhaitant, au nom de l’Eglise syiste, la reconnaissance du Monastère d’Ecosient, comme un territoire appartenant à l’Eglise Belondaure et non à l’Empire du Belondor. L’Eglise souhaite en effet obtenir une indépendance entre l’Etat Belondor et un Etat de l’Eglise Belondaure « qui sera prochainement proclamée ». Son Excellence Monseigneur Louin-Philin du Therine en profite d’ailleurs pour rappeler à Sa Majesté qu’à la tête de l’Eglise se trouve le Primat et non l’Empereur-le titre « Archichancelier Suprême de l'Eglise Syiste belondaure » n’étant qu’un titre honorifique. L’empereur, qui n’entend n’avoir qu’une autorité « symbolique » sur l’Eglise syiste, pourrait-il refuser cette indépendance ? On en comprendrait mal les raisons, d’autant plus que Sa Majesté a accepté de promulguer la Charte de l’Eglise Syiste belonne du Belondor, selon le décret du 28 Sibenine 2709 ? Ainsi, selon cette charte(voir http://empire-du-belondor.actifforum.com/Elberohnit-c1/Palais-Ceronine-II-f19/Decrets-imperiaux-p25334.htm#25334), et selon le décret du 28 Sibenine 2709, l'Empereur n'aura plus de droit d'action sur l'Eglise Syiste belonne du Belondor.Dans ce cas, vu que l’empereur est avant tout un souverain temporel et que la constitution n’autorise pas ce dernier à s’autoproclamer « chef de l’Eglise », on peut se demander à quoi rime toutes ces singeries autour d’un titre pompeux pour obtenir une autorité, même symbolique sur l’Eglise syiste ? Mais l’Empereur, qui n’agit que par pur désintéressement, sans doute, est un grand incompris, même quand il s’explique devant les caméras.
Mais, à défaut d’une « incompréhension » de Sa Majesté par les belondaures, ce sont plutôt les actes de l’empereur qui apparaissent incompréhensibles et contradictoires. En témoignent les réponses faites par ce dernier aux questions suivantes sur la constitution.
En effet, alors que durant la semaine, Sa Majesté a semble-t-elle découvert tous les défauts de la terre à une constitution approuvée en connaissance de cause il y a plus d’un mois, l’animateur a cru bon de demander fort à propos pourquoi l’empereur s’oppose maintenant à la constitution. Et là, la réponse de l’intéressé a de quoi laisser pantois :
« Non mais soyons clair... la Constitution telle qu'elle est actuellement est un progrès démocratique. Mais celle-ci n'est pas la Constitution que j'aurai souhaité. J'ai voté pour parce qu’elle constituait un progrès... pas parce qu'elle était bonne », dit-il curieusement. « J'ai donc pris l'initiative - comme peuvent le faire tous les citoyens - de rédiger un projet de réforme des institutions. Il n'y a là rien d'antidémocratique. »
Certes, mais est-ce « démocratique » de remettre en question un texte approuvé en connaissance de cause par près de 85 % des belondaures ? Mais, pour celui qui prône la transparence, il aurait été plus juste et plus honnête d’avouer que s’il a voté pour, c’était uniquement parce que la majorité des belondaures était pour la constitution. Pour lui, voter "non" était non seulement une erreur politique, mais également impossible. Et maintenant que le texte est voté, il semble découvrir avec effroi qu’il a désormais à partager le pouvoir, comme dans toute démocratie qui se respecte…
On comprend alors que l’empereur critique ce qui le dérange : « l'article 38 de la Constitution »(lorsque le Sénat et la Chambre des Chevaliers sont en désaccord, la Cour Impériale de Justice intervient), ainsi que l'article 61 »(le projet de révision de la Constitution doit être rédigé par la Cour Impériale de Justice), qu’il juge comme des « aberrations démocratiques ». Mais, l’empereur, qui reproche à la Cour Impériale de Justice de s’« octroyer un droit unique au Micromonde et qui n'est pas démocratique », alors qu’il peut agir par décret, oublie de mentionner que :
1)La CIJ ne s’est rien « octroyé » : l’actuelle constitution n’est pas l’œuvre d’une seule personne et rédigée en secret, mais le fruit d’un travail collectif, accompli à l’issue de nombreux débats.
2)Sa Majesté, qui a suivi les débats, et qui est censé avoir voté « pour » en connaissance de cause, n’a en rien critiqué les travaux de la CIJ, à part le sort réservé à son droit de grâce rendu plus… « allégé » ! Elle n’a rien trouvé non plus à redire sur le mode de révision, avant que le texte soit soumis au vote. De plus, dénoncer aujourd’hui le fait que ce soit la CIJ qui travaille sur les projets de constitution est en soi hypocrite et opportuniste, d’autant plus que la CIJ, comme son ancêtre le Conseil des Juges Impériaux avant elle, avait été chargée de travailler sur un nouveau texte.
Mais le fait que la majorité des belondaures aient approuvé l’actuelle constitution, fruit d’un travail collectif, ne saurait gêner Sa Majesté, qui voit même « un autre projet de Constitution »(qu’elle a rédigé en secret, dans l’espoir de le faire adopter). Pourquoi alors ne pas avoir proposé de projet alternatif bien défini à ce moment ? Pourquoi ne pas s’être exprimé clairement ? En démocratie, débattre ne fait jamais de mal….Et les belondaures auraient eu à trancher entre deux projets. La démocratie, c’est aussi le choix…Mais lorsque l’on sait que la CIJ a, en réalité planché sur un texte imposé par Sa Majesté, un texte qui n’avait rien à voir avec ce que l’empereur propose subitement maintenant, d’une façon qui paraît bien opportuniste, l’attitude de ce dernier paraît incompréhensible.
« La CIJ n'est jamais intervenue dans le choix du gouvernement ou sa politique, ni même lors des débats parlementaires. Dans ce cas, pourquoi de telles accusations sur ce que la CIJ n'a jamais fait ? » objecte l’animateur.
« En effet, la Cour Impériale de Justice n'a rien fait... mais la Constitution lui donne le droit de le faire ; et ça c'est inadmissible. Le danger est toujours là...», répond Sa Majesté, qui fait un procès d'intention à la justice. Il l'insulte par là même, en parlant de « régime judiciaire »-alors qu'il a approuvé la constitution définissant les pouvoirs et compétences de chacun. Il est amusant de constater que Sa Majesté considère comme une « ingérence » l’arbitrage de la CIJ au cas où les deux chambres ne parviendraient pas à un accord sur un projet de loi. Sa Majesté oublie de mentionner que cet arbitrage est constitué d’une commission mixte, composée de sénateurs et de chevaliers, sous la présidence du garde des sceaux. Les deux chambres sont donc ainsi invitées à trouver une compromis-ce qui n’était pas le cas auparavant. Mais en parlant d’ « ingérence », les « conseils » que l’empereur ne s’est pas gêné de donner aux différents pouvoirs, sauraient-ils être qualifiés d’ « ordres », ou d’ « ingérence » ?

(A suivre)


Dernière édition par le Dim 8 Juil - 9:52, édité 1 fois
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Erica Lahan



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MessageSujet: Re: L'Impertinent : numéro 14 bis   Dim 8 Juil - 4:06

(Suite)
Mais ce désir de remettre en cause la constitution et les compétences de la justice est à mettre en parallèle avec les pouvoirs actuels dont dispose l’empereur :

« La constitution actuelle donne à l'empereur beaucoup de pouvoirs », constate l’animateur de Belondaure Télévision 1 : en effet, si l’on compare l'actuelle constitution, approuvée le 21 mai 2007 à 85 % et l'ancienne constitution("charte" : http://empire-du-belondor.actifforum.com/Pouvoir-politique-c2/Parlement-c3/Archives-du-Parlement-f49/Charte-de-la-Veme-Monarchie-belondaure-plus-appliquee-t867.htm), on constate que l'empereur n'a pas vraiment "perdu des pouvoirs", comme il cherche à le faire croire avec des trémolos dans la voix : il conserve, entre autres, outre les pouvoirs de nomination et son « domaine réservé », les pleins pouvoirs accordés par l'article 16 ; il participe au conseil d'empire et arrête, avec le premier consul, l'ordre du jour ; il a toujours le pouvoir de signer des décrets relevant de sa propre initiative ; il peut soumettre à référendum tout projet de loi portant, notamment, sur des réformes relatives à la politique économique et sociale...-en clair, l'essentiel de ce qu'il avait avant. Et il ne semble pas juger cela « anormal »….La seule différence est que l'actuelle constitution favorise un meilleur équilibre entre les pouvoirs : le parlement et la justice sont plus indépendants. De fait, les récentes critiques de Sa Majesté sur la CIJ, par exemple, semble prouver que l’empereur regrette d'avoir perdu la main-mise sur la justice : il avait, à une époque pas si lointaine, le pouvoir de révoquer les juges et d'opposer un véto aux décisions judiciaires. Le Conseil des Juges Impériaux(ancêtre de la CIJ) était même présidé par l'Empereur. La justice était donc verrouillée et soumise à ce dernier, de même que, jusqu'à l’adoption de la nouvelle constitution, les chevaliers(nommés par l'empereur) pouvaient refuser les projets votés par le sénat. Chacun peut donc constater le chemin parcouru depuis, avec l'actuelle constitution, contestée actuellement par l'empereur(et pour cause !) qui permet plus de démocratie, en évitant qu'un seul-l'empereur-concentre tous les pouvoirs.

Sachant cela, il paraît curieux de constater(c’est le sens de la nouvelle question du journaliste) que l’empereur semble alors, depuis quelques temps, donner l'impression de tenter de se dégager de ses responsabilités, tout spécialement en ce qui concerne la politique intérieure, alors qu’il peut agir, dans les limites des pouvoirs que la constitution lui donne.
« Vous donnez ainsi l'impression d'un souverain éloigné des préoccupations de votre peuple », ajoute le journaliste sévèrement, en ayant certainement en mémoire les situations tragiques de l’Ardanie et de l’Ismarkie, dans lesquelles l’empereur avait brillé par une totale non-application.
L’empereur nous assure qu’il ne saurait se dégager de ses responsabilités et qu’il n’est en rien « éloigné des préoccupations de (son) peuple » :
« Je peux si je le veux m'occuper de la politique intérieure(…)la Constitution m'en donne le droit(…), mais je tente de le faire le moins possible », explique-t-il. « Les électeurs belondaures ont élu une majorité PSM au Sénat, et celle-ci compose le Gouvernement... à eux d'assumer leur choix(…)C'est le jeu parlementaire !(…)Je pourrai en effet légiférer par décret et mettre tout projet de loi à référendum, mais cela s'appellerait un parasitage de l'action du Gouvernement(…)On m'accuserait de ne pas respecter le choix des urnes », ajoute-t-il sans rire. « Je suis obligé de voir le Premier Consul agir et mener sa politique, pourtant je vous prie de croire que je suis très critique sur la politique qu'il entend mener, sinon ce serait en quelque sorte anti-démocratique de mener ma propre politique… », conclue–t-il.
Mais concernant son propre rôle, Sa Majesté ne craint pas de faire appel à une constitution tant décriée par ailleurs : « Je lis la Constitution c'est tout », dit-il avec un réel aplomb, tout en s’autorisant une lecture quelque peu…souple.
« En fait, si vous lisez la Constitution au sens strict, la politique intérieure comme la politique étrangère peuvent être gérée par l'Empereur comme le Premier Consul, mais dans la pratique il y a toujours eu une répartition des tâches... et puis l'article 40 renforce cette séparation des tâches...le Gouvernement sous l'égide du Premier Consul gère la politique intérieure ; tandis que l'Empereur avec l'aide du Consul des Affaires Extérieures gère la politique étrangère. Une preuve, les traités sont seulement ratifiés par l'Empereur : c'est la preuve que c'est mon domaine réservé, n'est-ce pas ?
Le Premier Consul doit conduire la politique de la Nation, c'est donc une preuve qu'il doit gérer la politique intérieure ».

Invoquer une « répartition des tâches » est bien commode pour un empereur qui peut ainsi laisser le gouvernement prendre des décisions impopulaires, et s’accaparer des taches plus gratifiantes que la politique intérieure, tout en paraissant « au-dessus des systèmes ». Mais ce qui suit montre que l’empereur a une haute idée de son « domaine réservé », et une certaine idée de la démocratie et du travail du gouvernement :
Pour l’empereur, la politique étrangère, qui se mène sur le long terme, ne saurait être l’apanage d’élus du peuple et donc du gouvernement soumis à l’idéologie des partis : « (la politique étrangère) a besoin de continuité, de stabilité, d'avoir les mêmes hommes aux commandes de celle-ci afin d'évoluer dans un but précis et déterminé à l'avance...»
De plus, toujours selon l’empereur, des élus ne sauraient non plus être à l’abri de la démagogie et du populisme : « la démocratie amène forcément de la démagogie et du populisme dans le discours politique... c'est un fait », analyse gravement Sa Majesté, pour qui «un homme politique peut arriver au pouvoir en préférant servir son idéologie plutôt que son pays, ce qui peut entraîner des choix mauvais pour sa patrie en matière de politique étrangère... ». Mais heureusement, tout n’est pas perdu, car, pour Sa Majesté, le problème ne se pose plus si on laisse à un « homme impartial - qui plus est de droit divin et héréditaire (ce qui fait qu'il n'a pas de raison de se montrer démagogue-sic) - le soin de diriger la politique étrangère. Il ne recherche à ce moment qu'un seul but : l'intérêt national.» Et qui mieux que l’empereur pour incarner cet homme ? On en applaudirait presque des deux mains, si l’on partageait pareil optimisme. Car, un souverain de droit divin et héréditaire, et donc, non élu, non soumis aux suffrages des électeurs(il n'a jamais à rendre des compte et ne peut être sanctionné par les urnes)peut-il se dire à l'abri de toute démagogie ? Voire de tout opportunisme ? Sa Majesté voudrait nous faire croire que ses actions, ainsi que la critique de la toute nouvelle constitution, ne sont uniquement motivés que par le souci de rechercher l’intérêt national ?

A l’inverse, le danger de « démagogie » semble beaucoup moins grave pour la politique intérieure, puisqu’il s’agit d’un domaine que Sa Majesté veut bien laisser au gouvernement. Mais, l’empereur, qui compare la politique étrangère(censée être menée sur le long terme)et la politique intérieure(dont « l’impulsion peut être beaucoup plus rapide » : « en un mois vous avez le temps de faire beaucoup de choses…vous pouvez mener les réformes en même temps. »)maîtrise-t-il réellement les arcanes de la diplomatie ? En tout cas, dans ce qu’il appelle son « domaine réservé », il prouve qu’il est moins efficace que le gouvernement : car, quel est le bilan de notre diplomatie de ces derniers mois ? Qu’en est-il du statut du Belondor au sommet des nations ? Après 160 jours de négociations, l’empire n’a pu obtenir qu’un statut égal à celui de simple observateur(« membre associé »).Décidemment, on ne peut qu’être réservé à l’égard du domaine impérial….

Enfin, et nous gardons le meilleur pour la fin, il est intéressant de relever ici, que l’empereur estime, que quand il s’agit de politique intérieure, « l'onction du suffrage universel procure une légitimité qui permet de passer en force. »
Allons bon ! Le «suffrage universel » façon Nabelnine Ier impliquerait-il un blanc seing pour l'élu ? Or, l’empereur semble ignorer qu’en démocratie(« pouvoir du peuple »), le pouvoir est seulement un mandat confié par les citoyens pour un temps déterminé et que « pouvoir » égal « responsabilité » et que « responsabilité » égale « compte à rendre ». Et ce pouvoir, ses responsabilités, l’empereur accepterait-il d’en rendre compte, s'appliquant pour lui-même les règles du jeu démocratique ?
Plus inquiétant encore est cette façon toute impériale de considérer les élus comme étant plus propices aux dérives démagogiques pour se poser en homme providentiel...Sa Majesté laisserait-elle entendre par là qu’elle « vaut plus » qu’aucun des sénateurs élus au suffrage universel ? Laisserait-elle entendre aux sénateurs qu’ils ne sont que des « parcelles du peuple », et qu’elle seule est « le peuple » ? De droit divin, l’empereur se croirait-il investi d’une mission particulière, avec la tentation de se présenter en homme providentiel placé au-dessus des lois ? Une façon qui paraît bien…démagogique, justement, et dénotant une certaine idée, sinon un mépris certain de la démocratie.

Pour rassurer, Sa Majesté devra davantage harmoniser les beaux discours et les actes, afin de prouver qu’elle est bien ce « défenseur de la démocratie » qu’elle prétend être. Car, « peu importe le for intérieur : seuls nos actes comptent. »
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