L'Empire du Belondor

Micronation s'inspirant du Premier et du Second Empire français ainsi que de la Rome antique.
 
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 Le réveil des élites : le soubresaut impérial

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Etzel de Varsalance
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MessageSujet: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Sam 13 Nov - 4:08

Quinze kilomètres seulement séparaient la Capitale de l'Empire et du monde, de la petite bourgade de Sellesrai qui devait accueillir les préparatifs du Défilé pour l'anniversaire de l'Empereur ; pourtant, personne ne semblait savoir qu'Elbêröhnit était en train d'être mise à feu et à sang par un cortège d'hérétiques zélés républicains et d'un peuple sanguinaire oubliant le drame qu'était une guerre civile.

Le passage à cheval d'Etzel de Varsalance, accompagné de cinq Gendarmes Impériaux, forçait l'interrogation de toutes les personnes qui croisaient les cavaliers tant cela semblait inhabituel. D'ailleurs, l'un d'entre eux, sûrement Capitaine vue ses épaulettes et la dragonne colorée tenant la garde de son sabre, leur ordonnait rejoindre le plus rapidement possible Sellesrai, sans une once d’explication.

D’aucuns auraient pu voir là l’intervention déplacée d’un soldat agissant hors des murs où il avait pouvoir mais la crainte qui se lisait dans les yeux des cavaliers montrait ô combien il était important de lâcher sa bêche ou de rappeler son troupeau de bêtes et de rejoindre le plus rapidement le village.

Le Duc d’Empire et sa garde montée arrivèrent alors que le soleil était encore haut dans le ciel. Sellesrai était un commune plus longue que large, bordant la route impériale conduisant à Origodes et la partie orientale de du Belondor. Ses maisons étaient propres à l’architecture de Grulée et ne laissaient que peu de place aux commerces. Sur la grande place du village se dressait, l’hôtel de ville, dont le nom était gravé en lettres dorées sur le fronton, paré des drapeaux du département et de l’Empire. Riche bourgade, sans non plus être le lieu de résidence des bourgeois Elbêröhnitois qui chercheraient un peu de verdure et de calme aux abords de la Capitale, quelques notables avaient fait le choix d’y résider.

Les claquements rapides et répétés des sabots ferrés des cavaliers attiraient tous les regards ; certains pensaient à un groupe de militaires venus rencontrer monsieur le Maire pour se plaindre de l’espace laissé pour les légions qui venaient parader à Elbêröhnit, mais tous savaient reconnaître un Gendarme lorsqu’ils en voyaient un, et assurément, cela n’avait rien à voir avec l’anniversaire de Sa Majesté l’Empereur.

Poussant les portes de l’hôtel de ville à en briser les gongs, les six hommes s’engouffrèrent à l’intérieur, l’œil vif et le pas décidé, fondant sur le bureau du secrétaire comme un vilain diable ; Etzel de Varsalance n’eut guère besoin de se présenter, tout le monde le connaissait ici et on le convia à attendre monsieur le Maire dans son bureau, ce dernier s’étant retiré pour la sieste dans ses appartements. Visiblement peu sûr de la sécurité du lieu, celui qui semblait être à la tête des hommes ordonna à l’un des siens de condamner la porte de l’édifice et aux deux autres d’assurer la garde devant la porte du bureau, campant avec un dernier homme derrière Son Excellence de Varsalance, affalé sur une chaise, la tête prise dans ses mains.

Moins de cinq minutes après leur arrivée, le Maire entra dans son bureau par une porte dérobée et salua le Ministre de l'Intérieur, le visage encore marqué par les plis de l’oreiller, s’excusant tout penaud, de n’avoir pas été mis au courant d’une réunion. Face au mutisme d’Etzel, le Maire prit place et attendit que ce dernier ne prenne la parole, ce qui fut rapidement fait.

« Les républicains ont levé le peuple contre l’Empereur. Elbêröhnit sera mise à sac d’ici ce soir et je crains que la situation ne soit critique pour ceux qui n’ont pas réussi à quitter la ville à temps. »

Un long et puissant cri de surprise échappa au Maire de Sellesrai, qui connaissait de longue date Nabelnine Ier et pour qui il avait une grande admiration. Faisant fi de l’accueil de l’annonce tragique faite à son interlocuteur, le Ministre poursuivit :

« Nous n’allons avoir que peu de temps devant nous, monsieur le Maire et je vais devoir compter sur votre efficacité et votre loyauté à la Couronne ainsi que sur celle de vos collaborateurs.

Je veux tout d’abord que vous imposiez à tous vos gens de rester chez eux ; le travail aux champs attendra. Les commerces doivent fermer, à part ceux d’alimentation pour que les femmes puissent nourrir leur famille.
Ensuite, tous vos gens en arme doivent se présenter sur le parvis de l’hôtel de ville dans moins d’une heure. Toutes les voies de communication devront être coupées par un barrage flottant ; les villageois recevront pour ordre de rentrer chez eux et les commerçants devront rester stationnés sur la place de la commune ; leurs marchandises seront réquisitionnées. »

Le Maire semblait peu habitué à ce genre de directives et tentait de s’en souvenir en comptant sur ses doigts comme si chacune de ses phalanges tremblantes était une tâche précise. Il s’hasarda d’ailleurs à couper le Ministre :

« Et pour Elbêröhnit, on ne fait rien ?

- J’espère de tout mon cœur que la Gendarmerie Impériale réussira à conserver le fortin construit à l’occasion des Grands Travaux pour tenir l’Avenue de l’Empire assez longtemps pour pouvoir envoyer l’armée. Votre ville doit accueillir trois légions, ce sera suffisant pour mater la rébellion, je l’espère.
Monsieur le Maire votre nom et votre commune vont entrer dans l’histoire de notre pays si vous faites exactement tout ce que je vous dis.

- Si vous avez besoin de quoique ce soit, dites-le moi, et j’accéderai à toutes vos requêtes.

- Votre salle du Conseil ! Elle me servira de cabinet de travail et de réunion. Faites ce que je vous dis et informez-moi au plus vite de toute évolution dont vous auriez connaissance. Je compte sur votre discrétion, n’évoquez en rien ce qu’il se passe là-bas et trouvez un mensonge qui face suffisamment vrai pour asseoir votre autorité.
Et surtout, appelez-moi immédiatement le commandement de la XL ! »

S’échappant de son bureau sans même prendre la peine de saluer le Ministre et les deux Gendarmes, le Maire partit quérir ses collaborateurs pour leur dispenser les toutes premières consignes.

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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Sam 13 Nov - 11:38

Le Colonel Archibald de La Villejégu s'était enfui lorsqu'il paraissait évident que Razard et ses acolytes républicains allaient donner l'ordre de prendre d'assaut le Palais Impérial. Un acte de lâcheté ? Certes pas ! Au contraire, déterminé à lutter, il ne souhaitait pas mourir inutilement sans avoir eu l'opportunité de défendre l'homme en lequel il croyait, son Empereur, ainsi que pour le régime impérial, celui qui avait apporté la stabilité et la prospérité au pays et lui permettait de renouer avec sa gloire d'antan.

Rentrant chez lui, il avait retiré son uniforme militaire, l'enroulant soigneusement dans un petit paquetage. Sortant de son domicile du sixième arrondissement, un petit pincement au cœur sachant qu'il risquait de ne plus jamais le revoir, il avait dételé ses chevaux de sa voiture, montant son fidèle Basile, un pur race au poil gris blanc, et prenant la direction de l'est vers Sellesrai, à quinze kilomètres, là où était stationnée la légion XL. Son objectif ? Alerter les troupes, revenir avec elle et rétablir l'ordre au sein d'une Capitale contrôlée totalement ou presque par les républicains et les insurgés qu'ils manipulaient. Il était persuadé que ces troupes pourraient suffire en tout cas à éviter la contagion à la banlieue, en attendant les renforts dans peu de jours, les autres légions prévues au Défilé des cinquante-deux ans de l'Empereur devant arriver sous cinq jours.

Il n'avait pas été trop inquiété pour sortir d'Elbêröhnit, longeant les remparts, dont les rues étaient très peu fréquentées et encore peu en ce jour des plus troubles. Après une demi-heure, peut-être un peu plus, à galoper à vive allure, il avait franchi les remparts, rentrant dans la petite ville de six mille habitants de Saint-Vincent, qui touchait ces mêmes remparts. Quelle ne fut pas surprise de voir que chacun vivait normalement, semblant ne se rendre compte de rien. Alors même qu'à quelques kilomètres, des évènements mettant en danger la survie de l'Empire et du Belondor se déroulaient. Mais il n'avait pas le temps de leur expliquer... galopant à toute allure, il bousculait souvent sur son passage des passants, lesquels ne manquaient pas de houspiller son manque d'éducation en se frayant ainsi, à coup de flancs de cheval, un chemin dans les rues tortueuses de cette paisible cité.

En sortant de Saint-Vincent, il remonta un peu vers le nord, traversant la ville de Varillon, plus petite que la précédente. Ayant dépassé celle-ci, il tomba dans un champ de blé aux épis si haut que seule sa tête parvenait à les dépasser. Puis, il retomba de nouveau dans un enchevêtrement de villes et villages, dont la plus grande, Chrétochon, atteignait les quarante-sept mille habitants. Finalement, après avoir de nouveau traversé un champ, il arriva à Sellesrai, ayant parcouru les quinze kilomètres (en réalité, plus de vingt-deux avec les détours) en à peine plus d'une demi-heure. Le cheval étant épuisée, il mit alors pied à terre, alors qu'il se trouvait Place de la Mairie. La ville semblait en effervescence, comme si quelque chose se préparait. Pourtant, commerces et boutiques étaient fermés.

Courant vers l'Hôtel de Ville, il rentra en trombe dans celui-ci, faisant un énorme vacarme. A son entrée, les Gendarmes en faction à la porte, se jetèrent sur lui, l'amenant au sol, un pistolet sur la tempe :


- Qui êtes-vous ? Que voulez-vous, demanda l'un d'eux.
- Espèce d'idiot, répondit amèrement le Colonel. Je suis le Colonel Archibald de La Villejégu, député d'Elbêröhnit, et je suis ici pour tenter de sauver l'Empire, alors...

Mais il n'eut pas besoin de terminer sa phrase. Le Duc de Varsalance, seul ministre encore maitre de ses mouvements et donc seul représentant légal de l'exécutif Empire qui n'était pas otage des républicains, arriva, certainement alerté par le bruit, leur intimant l'ordre de laisser le Colonel tranquille. Se relevant, celui-ci s'adressa au Duc :

- J'ai réussi à passer entre les mailles du filet républicain, Excellence... Vous êtes le dernier représentant du Gouvernement qui soit libre de ses mouvements. Vous êtes assurément la plus haute autorité désormais. En conséquence de quoi je me place sous vos ordres, en tant que militaire le temps de restaurer la pleine souveraineté de l'Empereur, lequel reste notre chef.

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Dernière édition par Archibald de la Villejégu le Dim 14 Nov - 9:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Sam 13 Nov - 14:32

Les trois Gendarmes vautrés sur le Colonel de La Villejégu se relevèrent sans mot dire, alors que leur Capitaine, un dénommé Béteille, regardait la scène avec agacement. Prenant le parti de l’ignorance, il passa outre et interpela l’un de ses hommes :

« Foulon, vous êtes fait Sous-Lieutenant. Maintenant, allez me compter les policiers qui sont dehors et transmettez-leur les ordres figurant sur ce document. »

Le document en question passa d’une main à une autre. Le sceau de la Gendarmerie Impériale y figurait en gage d’authenticité et la signature n’était autre que celle du Capitaine lui-même. Parmi les consignes, l’une d’entre elles était de mettre aux arrêts les républicains notoires qui habitaient le village et d’en assurer sa défense. Foulon, était connu pour ses nombreux faits d’arme, dont plusieurs concernaient des embuscades et des opérations coup-de-poing dans des villages où se retrouvaient retranchés les ennemis. Fin bretteur, il était même devenu adepte du couteau et n’hésitait pas à mettre en déroute ses adversaires en quelques passes.

Une fois que l’intéressé fut sorti et que les trois autres gendarmes refermaient les portes de l’hôtel de ville, Béteille rejoignit le Ministre de l’Intérieur qui salua le Colonel de la Villejégu d’une énergique poignée de main, visiblement rassuré :

« Fort heureusement, vous êtes encore en vie mon ami ! J’espère que d’autres auront eux aussi réussi à quitter Elbêröhnit avant qu’il ne soit trop tard…
Je m’inquiète même pour la Famille Impériale ! »

Laissant passer une poignée de secondes le temps d’une prière muette, il reprit :

« Puisque je suis le dernier représentant du Gouvernement encore libre de mes mouvements et que je dispose de tous les pouvoirs, autant qu’ils me servent et servent notre cause, de La Villejégu. Afin de palier à la perte de vos plus valeureux hommes, je vous nomme Général d’Armée. Puissent votre expérience et votre sens tactique nous aider restaurer l’ordre dans le pays, à commencer par Elbêröhnit.

J’ai demandé à rencontrer le commandement de la XLème ; vous comprendrez donc pourquoi j’ai besoin de vous à ce grade, même s’il ne l’est que de façon provisoire. Vous coordonnerez l’ensemble des opérations. »

Alors que le Ministre terminait sa phrase, Béteille annonçait l’arrivée du Général Rieuclainc et de son estafette, visiblement peu concernés par la situation. Ils traversaient la place en toute décontraction, ne trouvant rien d’anormal dans le fait qu’un officier de Gendarmerie ne dispense des ordres à des inspecteurs et agents de police en rangs resserrés, vérifiant leurs armes.

Ce n’est qu’une fois sur le perron et qu’il put discerner les personnes attendant à l’intérieur qu’il comprit que quelque chose d’anormal se passait. Après un garde-à-vous protocolaire accompagné de ses salutations, il se présenta ainsi que ses officiers :

« Général de bridage Louin-Marie-Pierre de Rieuclainc, Commandant en Chef de la XLème légion. Et voici mes hommes : le Colonel Bessiaire ; le Lieutenant-Colonel Persivié ; le Chef d’Escadron Dugricq et le Major Saint Briest du Rioul.

- Je suis enchanté de vous rencontrer, Général. Voici le Général d’Armée de La Villejégu et le Capitaine de Gendarmerie Jean-Alexis Béteille. Sans plus tarder, j’aimerais que nous allions discuter du sauvetage de la Couronne Impériale dans la salle du conseil municipal. »

Sans plus de détails et sans même avoir pris la peine de se présenter, le Ministre traversa le hall et prit l’escalier monumental conduisant au premier étage, où se trouvait ladite salle. Le lieu était richement décoré, le mobilier choisi avec un grand raffinement. Par mesure de politesse, le Maire de Sellesrai avait été convié à suivre les discussions mais devait se contenter du pupitre du greffier. Etzel était assis en bout de table avec à sa droite le Général de La Villejégu puis le Capitaine Béteille et à sa gauche le Général Rieuclainc puis ses hommes par grade.

Par un heureux hasard, la mairie de Sellesrai disposait des plans du département et des alentours. Au milieu des feuillets, Béteille posa sur le haut de la pile une carte dont Elbêröhnit était le centre et d’où partaient une multitude de routes et d’autres voies communales servant de servitudes à travers les champs des différents propriétaires terriens.

« Général, ce matin, une insurrection a éclaté à Elbêröhnit. Razard et ses hommes ont réussi à rallier la population à leur cause et ils se sont emparés du Palais Impérial. J’ai réussi à m’échapper avec cinq Gendarmes mais j’ai peur que nous soyons peu nombreux à y être parvenus, à l’instar du Général de La Villejégu.

Pour l’heure, nous ne savons pas à combien s’élève le nombre d’insurgés, ni s’ils s’en sont pris à l’Empereur ou aux Institutions de l’Empire, pas plus que nous ne savons s’ils ont réussi à appeler le reste de la population à la guerre. C’est pour ça qu’il est primordial que vos hommes coupent toutes les routes partant d’Elbêröhnit. Puisque les légions XIX, XX et XXXIX ne sont pas attendues avant quatre jours, il faudra que vous envoyez de cavaliers-légers pour les informer et que vous organisiez vos hommes pour qu’ils prennent place tout autour de la Capitale. Je sais qu’il est risqué de scinder vos vingt-cinq-mille hommes mais je crains que nous n’ayons d’autres choix si nous souhaitons éviter la propagation de la rébellion. »

Extrêmement directeur dans son propos, le Ministre n’avait pas laissé l’occasion à l’un des membres de la Légion Impériale d’intervenir, il conclut donc :

« Des questions ou propositions, messieurs ? »

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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Dim 14 Nov - 9:51

Le Colonel de La Villejégu allait faire quelques observations et propositions, lorsqu'il fut soudainement interrompu par l'arrivée inattendue du Colonel Leclerc, aide de camp du Général Delville le Commandant de la Garde Impériale. Sans que les participants de la réunion n'aient eu le temps de lui demander ce qu'il venait faire ici, il prit d'autorité la parole :

- Excusez cette intervention pour le moins impromptue, commença-t-il. Je suis le Colonel Philippus Leclerc, aide de camp du Général Delville en charge du commandement de la Garde Impériale. Celui-ci est resté avec la garnison du plateau Ceronine II, auprès de Sa Majesté. Pour ma part, je suis ici afin de vous informer que les autres détachements de la Capitale, soit un total de 19 750 hommes, parmi les meilleurs du monde, donc, ont quitté la Capitale et viennent d'arriver à Sellesrai en cette dix-neuvième heure de la journée. Ils ont été placés sous mon commandement par le Général. Mais naturellement, je suis prêt à me soumettre à toute autorité supérieure...

Le Colonel de La Villejégu, désormais Général d'Armée à titre provisoire, se porta à la rencontre du Colonel Leclerc, lequel avait été son compagnon de classe il y a fort longtemps. Lui donnant l'accolade, puis le prenant par l'épaule, il dit, s'adressant au Ministre de l'Echiquier et de l'Intérieur Varsalance :

- Eh bien voilà qui nous arrange, n'est-ce pas ! Il n'est nul besoin désormais d'attendre les légions qui sont censées arriver... Nous sommes assez nombreux pour donner l'assaut et prendre Elbêröhnit. D'autant que je ne vois vraiment pas l'intérêt de se fatiguer à empêcher les républicains de communiquer avec l'extérieur...

Il vit que les autres le regardaient avec effarement. Affichant un sourire, il éclaira donc son propos :

- Ce que j'entends dire, c'est que ceux-ci maitrisent les télégraphes électriques qui vont jusqu'à Ecosient et Cancraces ainsi que Beneline. Et qu'ils doivent certainement maitriser les télégraphes optiques partant de la Capitale jusqu'à un certain point... Il est presque dix-neuf heures... vous croyez vraiment que l'Empire n'a pas été aboli et qu'ils n'ont pas proclamé la République à l'heure où nous parlons ? Qu'ils n'ont pas envoyés de messagers à cheval vers les onze préfectures continentales de l'Empire ? Qu'ils n'ont pas envoyés des télégrammes à Ecosient et Cancraces ? Pour ma part, je ne me fais guère plus d'illusions...

Le Général baissait la tête, fermant les yeux, s'imaginant le poids des épreuves qu'il allait falloir surmonter. Cette révolte – il se refusait à parler de révolution – allait certainement plonger le Belondor dans la guerre civile, ne serait-ce que pour un court moment. Comment croire que les éléments libéraux et royalistes dans les Bouches de l'Avanle ou au Disueluve n'en profiteraient pas ? Comment croire que les indépendantistes eslagnais resteraient bien sagement à attendre l'ultime déroulement ? Il n'était pas fervent défenseur de l'utopie : il savait que le sang belondaure allait couler... beaucoup.

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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Lun 15 Nov - 11:14

Son Excellence de Varsalance avait laissé l’agitation militaire faire son effet sur le reste de l’assistance. Il demeurait dans un silence de plomb, assisté dans sa réflexion par le Capitaine Béteille qui semblait lui aussi peu affecté par cette subite euphorie à laquelle se prêtaient notamment le Colonel Leclerc et le Général de La Villejégu. Son flegme habituel était une fois encore démontré, il prenait le temps de coucher chaque idée qui lui venait en tête sur le papier qu’il avait sous la main, la plume grattant la feuille sous un crissement doux et rond.

Du propos du nouveau Général d’Armée, il n’avait retenu qu’une chose digne d’intérêt ; il semblait inévitable que les télégraphes électriques et optiques avaient servis. Dès que le silence fut revenu et sans attendre une quelconque approbation de quiconque, il invita d’un geste de main le Colonel Leclerc à prendre place aux côtés de La Villejégu et s’adressa à l’assemblée :

« Il semble que la Garde ait réussi à se dépêtrer d’une situation des plus délicates ; j’espère de toute mon âme que la Gendarmerie Impériale sera parvenue à faire de même. Je n’ose pas imaginer ce à quoi sont prêts ces insurgés pour se faire entendre et faire régner la terreur. »

Le ton était grave, solennel. Assurément, s’il devait y avoir un orateur disposé à professer une oraison funèbre, Etzel de Varsalance pourrait être un sérieux prétendant. Son discours tranchait radicalement avec l’entrain presque naïf auquel s’était prêté le Président de la Diète, sûrement remplacé à cette heure par un républicain. Il poursuivit donc, non sans une certaine autorité dans la voix :

« Un assaut sur Elbêröhnit ne pourra raisonnablement avoir lieu avant 3 jours. Avant que nous nous engageons dans une bataille au couteau dans les rues de la Capitale, nous devons disposer de plusieurs prérequis. Je vous prie de noter les instructions suivantes qui auront force de loi et devront être appliquées aussi vite que possible.

Concernant la communication. Premièrement, il nous faut prendre le contrôle des relais de poste et de télégraphie dont l’armée dispose dans les quarante lieues alentour d’Elbêröhnit. Toutes les communications émanant des murs de la Capitale devront passer par nous, et nous êtres notifié à Sellesrai. Nous en profiterons pour adresser des messages au reste du territoire afin de calmer les ardeurs des rebelles de tout poil.
Deuxièmement, nous devrons procéder par messages codés à l’attention de toutes les intendances de la Légion. L’armée doit être mobilisée partout sur le territoire et les réservistes être appelés sur les zones frontalières à la Germanie ainsi qu’en Eslagne où des débordements vont avoir lieu ; l’inverse serait impossible.
Troisièmement, des chevaux légers ont été envoyés sur les routes empruntées par les légions XIX, XX et XXXIX pour avertir leur commandement de la situation et de leur demander de presser le pas. Ils devront être là dans 2 jours, à huit heures du soir, adressez donc des messages à chaque relais de poste ou de télégraphie !

S’agissant du redéploiement des troupes, il me semble difficile d’étaler la XLème ainsi que la Garde Impériale tout autour de la Capitale. Général de La Villejégu, je vous laisse voir avec le Général Rieuclainc et avec le Colonel Leclerc quelles sont les positions stratégiques sachant… sachant que je veux que les membres du Génie dont nous disposons aient fait le plus possible de petites embarcations pour permettre d’entrer dans la ville de façon discrète. J’ai un plan que je souhaite vous soumettre, Messieurs. »

Les yeux du Ministre brillaient avaient cette lueur des hommes fougueux qui pensent avoir eu une illumination. D’ailleurs, le fait de donner les consignes avant d’évoquer son stratagème indiquait qu’il comptait bien le mener à son terme.

« Il nous faudra nous tenir prêts le 7 Nabelnine, à 23 heures précises. Nous agirons en fonction du nombre d’embarcations légères qu’aura eu le temps de construire le Génie ; le but est simple : permettre à un groupe de plusieurs centaines d’hommes, je l’espèce, d’entrer de nuit dans la Capitale en passant par le fleuve. Si des barricades nous empêchent de passer et que nous devons faire sauter la muraille, nous ferons diversion avec les artilleurs des légions sur place qui bombarderont plusieurs grandes voies ainsi que certains bâtiments.

Une fois dans les murs, les hommes de la Garde, puisque ce sont ceux qui connaissent le mieux la Capitale, devront trouver refuge soit à la Diète, soit au Sénat, soit sur l’Île d’Elbêröhnit. De là, ils devront prendre le contrôle des communications afin de nous donner le plus de renseignements possibles sur la situation à l’intérieur.

Si nous avons un assaut à lancer, autant que ce soit fait conjointement depuis l’Avenue de l’Empire et du cœur même de la ville. Les Gardes impériaux pourront filer droit vers le Palais Impérial et assurer sa défense le temps que nous parvenions à briser les défenses des insurgés. Il nous faudra peut-être même profiter de la cavalerie pour fondre sur Ceronine II et ouvrir la voie aux fantassins qui auront pour mission de repousser vers le fleuve nos ennemis. »

Prenant une grande respiration, il conclut :

« Je vous laisse mettre tout cela en forme entre vous, je vais aller préparer mon testament. »

Se levant, il salua la tablée et quitta la Salle du Conseil, vraisemblablement pour se rendre dans le bureau du Maire.

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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Mer 17 Nov - 11:39

Le Duc de Varsalance était sorti, accompagné des Gendarmes, laissant en plan les généraux et autres militaires présents dans la pièce. Une fois seuls, ils restèrent silencieux, se regardant, et examinant le plan de la Capitale, étendue sur la table du conseil municipal. Aucun ne semblaient vouloir rompre le silence, et tous paraissaient encore plus perplexes à l'écoute du plan dévoilé par celui qui était la dernière autorité gouvernementale encore libre de ses mouvements et décisions. Finalement, le Général Rieuclainc, rompit le silence :

- C'est de la folie, affirma-t-il, péremptoire. Jamais nous ne pourrons rentrer dans Elbêröhnit de cette manière sans nous faire repérer ou exterminer. Il va envoyer nos soldats au casse-pipe !
- Et les trois légions, si elles arrivent à l'heure, seront épuisées, renchérit le Colonel Leclerc. Elles n'auront que trois heures de repos avant de partir à l'attaque. Elles ne tiendront jamais le choc.
- Général La Villejégu, vous devez absolument lui parler, continua le même Général Rieuclainc. Vous le connaissez, peut-être vous écoutera-t-il sûrement et reviendra-t-il à la raison. Vous devez lui dire ! C'est du suicide !

Le Général d'Armée La Villejégu était resté silencieux, observant ses deux compagnons déblatérer sur le projet du Ministre de l'Échiquier et de l'Intérieur le Duc Etzel Ito de Varsalance. Une fois que ceux-ci l'ait interpellé, il conserva son mutisme un certain moment encore. Puis, levant les bras au ciel, il les regarda en arborant un léger sourire :

- Mes amis, commença-t-il. Vous m'en voyez désolé, mais je trouve son plan audacieux. Et comme le disait notre cher Empereur Nabelnine, « à la guerre, l'audace n'est-il pas le plus beau calcul du génie ? » J'ai tendance à le croire pour ma part. Son plan pourrait s'avérer génial, bien que extrêmement risqué je suis bien d'accord avec vous, sur ce point.

Il s'arrêta comme pour mieux peser ses propres mots. Pendant ce temps, le Général Rieuclainc paraissait extrêmement déçu, presque abasourdi. Il s'était laissé retomber sur sa chaise, les bras ballants le long du dossier. Quant au Colonel Leclerc, il était véritablement surpris, et après être resté un moment interdit, il commença à répondre à celui qui était désormais son supérieur, s'échauffant bien plus que de raison :

- Mais vous avez perdu l'esprit Archibald enfin, lui dit-il. Enfin, c'est de la folie ! Je suis ici pour sauver l'Empire pas pour voir un dixième de ses armées se faire exterminer bêtement par un civil qui ne connaît absolument rien à la chose militaire, sinon ce qu'il a pu en apprendre à l'école ! Et d'ailleurs, qu'a-t-il appris ce métèque ? Il n'est même pas né au Belondor...
- Colonel Leclerc, votre insubordination atteint ses limites, lui rétorqua en haussant la voix le Général La Villejégu. Je vous ordonne de cesser d'insinuer de telles choses. Nous ne saurions douter du nationalisme de Son Excellence. Il a plus d'une fois prouvé qu'il aimait son pays et qu'il était prêt à tout pour servir Sa Majesté. Son patriotisme, sa fidélité et sa dévotion sont au-dessus de tout soupçons. Vous m'entendez ? Au-dessus de tout soupçons, termina-t-il en criant.

Le Colonel Leclerc quelque peu honteux d'avoir tenu un langage si peu belondaure, tant discriminatoire, alors même que le Duc de Varsalance était un exemple de l'assimilation réussi d'un immigré venu d'un autre continent et qui avait totalement oublié ses racines pour ne se sentir que seulement Belondaure. C'était un pur produit du système méritocratique et assimilateur que souhaitait promouvoir l'Empereur et l'Empire depuis la fin de la Guerre Civile. Et Archibald y adhérait en tout points... Il reprit d'ailleurs, sans qu'il ne soit cette fois interrompu, alors que le Colonel Leclerc s'était rassis, tentant de se faire oublier :

- Messieurs, continua le Général La Villejégu, s'adressant aux huit personnes présentes dans la pièce. Je n'entends pas demander au Ministre de revenir sur son plan et sur ses décisions. A peine lui demanderai-je de donner plus de repos à nos hommes. Trois heures de plus, c'est ce que je pense qu'il suffira, afin que celles-ci puissent dormir quelques heures. A moins que seul le Génie de la Garde Impériale ne soit de la partie et que les légions arrivées en fin de journée du 7 Nabelnine n'aient jusqu'au petit matin pour se préparer à l'assaut. Sur ce, je n'ai rien de plus à dire... Étant le seul représentant de la Diète élue par le Peuple belondaure en ce lieu, je pense avoir une plus grande légitimité que vous tous pour dire s'il convient ou non de se soumettre à l'autorité du Ministre. La réponse est oui. La chose militaire est bien trop sérieuse pour n'être laissée qu'aux militaires. Le civil doit donner les directions. Et en tant que représentant du Gouvernement, c'est au Ministre de le faire. Je le suivrai donc et le soutiendrai.

Sur ces dernières paroles, le Général salua ses collègues, sortant de la salle du conseil, bientôt imité par ailleurs par ceux-ci. Le Général de La Villejégu allait aborder la question du temps de repos offert aux soldats des légions XIX, XX et XXXIX avant l'assaut. Mais le plan, il l'approuvait. Il ne le remettrai pas en cause. De toute manière, il avait été habitué à obéir. Il ne changerait pas maintenant.

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ARCHIBALD DE LA VILLEJÉGU
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Etzel de Varsalance
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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Mer 22 Déc - 13:51

Seul, face à la grande baie vitrée du bureau du Maire de Sellesrai, Etzel de Varsalance portait son regard au loin, comme s'il cherchait à entrevoir Elbêröhnit à travers la ligne d'horizon, masquée pour partie par des vallons arborés et des plantations. La nuit commençait à tomber sur la bourgade qui demeurait encore vive et pleine d'entrain, les fantassins de la Légion se pressant, obéissant aux consignes du Commandement. En bas, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, les officiers de police s'activaient eux aussi, ordonnant que chacun regagne son foyer au plus tôt, forçant ainsi le respect d'un couvre-feu convenu et nécessaire pour la bonne sécurité de tous. L'Empire couvait en son sein de nombreux traîtres et c'était incontestablement dans cette situation quasiment inespérée qu'ils sortiraient de leur nid pour répondre aux cris d'orfraie des républicains et autres monarchistes pensant leur heure de gloire arrivée !

Néanmoins, les impérialiste ne cesseraient pas le combat, qui était désormais intimement lié à leur vie. Derrière le Ministre, posé sur le sous-document du bureau en chêne massif, le testament in procinctu long de plusieurs pages attendait qu'y soit apposé le sceau des Ducs de Varsalance afin de sceller les volontés d'Etzel. Ses legs allaient à des personnes de confiance, la succession prévoyant une substitution au profit de ses enfants dès que sa femme viendrait elle aussi à mourir ; étrange attitude, héritée des pratiques anciennes, un ancien esclave figurait comme dernier héritier possible et il semblait évident aux yeux du Ministre qu'il ne pourrait se résoudre à le refuser quand bien même les dettes viendraient à être supérieures au trésor de la famille. En guise d'adieu, il avait aussi fait figurer sur le document les motivations de ses choix, adressant un message personnel à chacun des légataires afin qu'ils sachent tout le bien que l'on pensait d'eux. Et comme il ne pouvait se résoudre à survivre à l'Empereur, ce dernier était lui aussi couché sur le testament, remercié pour son soutien indéfectible envers son Chancelier.

Désormais il n'était plus question du passé, seule l'organisation de l'attaque sur Elbêröhnit intéressait le Duc. Le Général de la Villejégu était venu lui faire entendre raison et il avait fini par accepter certains aménagements. Plutôt que d'avoir lieu à vingt-trois heures, l'attaque serait lancée le huit au matin, quelques dizaines de minutes avant l'aurore ; les hommes auraient ainsi eu le droit à quelques heures de repos avant de mener l'assaut et de délivrer l'Empire du joug tyrannique des républicains.

Une chose était sûre, le droit à l'erreur n'existait pas.

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Adrien Sinfonien



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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Jeu 30 Déc - 6:34

Le cheval galopait à vive allure, il n'avait que très peu de temps. Tout le monde avait déjà fui, seul restait à Elbêrönhit les chiens galeux républicains et un nabelniste. Sinfonien, ministre déchu mais cependant pas dénué de toute influence, il savait qu'il pourrait avoir d'autres soutiens. Il savait aussi qu'une légion était stationnée à Sellesrai et par déduction, il comprit que les fuyards s'y retrouveraient tous. De là, les hommes encore fidèles à l'Empire iraient rassembler leurs forces et tacheraient de reprendre Elbêrönhit des mains républicaines.

Mais pour cela, il fallait sortir d'ici. L'ancien ministre n'était plus qu'à quelques centaines de mètres de la porte la plus proche, la moins bien gardée et celle qui n'avait pas encore été barricadée par les insurgés pour empêcher la population de s'échapper. Il est néanmoins évident qu'un homme à cheval ne manquerait pas d'être repéré par les éventuels tireurs embusqués. Sinfonien entendit plusieurs fois le plomb lui siffler aux oreilles et l'une d'elle lui troua la veste. Vert de rage (une veste zollernoise à 1200 Sesterces en soi des Zindes), il se dit qu'il ferait empaler tout ce beau monde s'il sortait vivant de ce pétrin.

Son ticket de sortie était une porte ouverte mais des gens s'activaient déjà autour pour la barricader, les gardes en partant avaient saboté la mécanique de fermeture des lourdes portes de fer, de bois et de bronze. Son cheval, inquiet, et sans doute fatigué, ralentit la cadence. Mais ne n'était pas le moment de flancher, surtout si près du but. Il flanqua un coup de cravache à la fesse de sa monture qui repartit de plus belle vers la barricade. Le pas de charge ne manqua pas de détourner les gens autour de la barricade, encore trop basse pour empêcher un cheval de sauter. On put entendre
« allez chercher les fusils ! » ou encore « c'est l'aut'péquin de Sinfonin de médeux ! »

A peine les femmes eurent le temps de s'écarter et les hommes de mettre la baïonnette à la pointe de leur fusil que Sinfonien sauta par dessus l'amas de bois et de gravats et subit encore une rafale de plomb. Des vieux mousquets cependant, car aucune balle ne l'atteignit. Ces armes sont tellement vieilles et leurs mécanismes tellement défectueux qu'il serait possible d’arrêter les décharges d'un revers de la main. Sinfonien, pour remercier la foule de ces noms d'oiseaux esquissa par dessus son épaule un geste obscène de la senestre.

Plus il s'éloignait de la ville, plus Sinfonien ralentit la cadence, son cheval ayant été épuisé par sa course folle. Mais l'ancien ministre craignait les brigands, et ça ne serait pas son sabre briquet ni son six coups qui feraient la différence. Il lui fallait rejoindre Sellesrai au plus vite, de là, avec l'aide de la XLème légion il entrerait en contact avec le reste des nalbelnistes et mettrait au point la reprise de la capitale.

Au bout d'une dizaine de kilomètres, il trouva un poste de relais de chevaux, il échangea le sien contre une monture neuve et put reprendre de plus belle sa course vers la ville des fugitifs (au yeux des républicains).

A peine arriva-t-il devant l'entrée de la ville qu'il vit qu'elle était déjà sous bonne garde. Heureusement les uniformes de la XL étaient reconnaissables et Sinfonien souffla un grand coup. Les gardes le reconnurent et le laissèrent passer, en prenant soin de lui indiquer ou se trouvait le reste des nabelnistes qui avaient atteint la ville. Il ne s'attendait pas à de chaleureuse retrouvailles avec le Duc de Varsalance, mais il le fallait bien du moment que c'était pour le bien de l'Empire.

Les nabelnistes se trouvaient tous à la mairie de Sellesrai. Il arriva devant, petite mairie d'une petite bourgade, mais cela ferait l'affaire. Un gendarme l'amena vers la salle du conseil municipal où se trouvaient déjà certaines des grandes figures impériales. Le Duc de Varsalance et le Colonel de la Villejégu, qu'on lui indiqua avoir été nommé Général en raison de la situation extraordinaire qui nécessitait qu'un homme soit à la tête des forces de libération de la Capitale.


« Eh bien messieurs, vous avez raté la fête ! …  » Lança-t-il de son air ironique de tous les jours.

Sinfonien qui était l'un des derniers à avoir quitté la ville expliqua au Duc et au Général ce qui se passait dans la capitale. La Cathédrale Saint-Sixte-de-Grande-Puissance avait été mise à sac (ce qui, loin de déplaire à un anticléricale n'amusa pas Sinfonien), l’évêque molesté. La Garde avait soigneusement barricadé toute la colline du palais, et les souterrains du palais offraient encore quelques jours de vivres. Sinfonien n'avait pu voir que de loin et à visage caché, de peur qu'on ne le reconnaisse et qu'on lui fasse passer un mauvais quart d'heure, que le palais était encore intact des dépravations. Il ne savait absolument pas ce qu'il était advenu de la famille impériale. La chancellerie était en flamme ainsi que les autres ministères et les locaux des services secrets étaient inaccessibles ; les gorilles du service maintenaient en respect toute personne approchant du siège.


«  … La porte la moins bien gardée quand je suis sorti, est la Porte Est, j'avais vérifié les autres, elles étaient déjà bien gardées. Mais je ne dois mon évasion qu'à quelques acrobaties, ils montaient à peine la barricade, je soupçonne que les gardes de service aient saboté la porte avant de s'enfuir. Cela peut offrir un avantage, ils leur faudra plusieurs heures pour la réparer. Une fois en ville nous devrions retrouver les services secrets, s'ils n'ont déjà pas quitté la ville je-ne-sais-trop-comment. »


Dernière édition par Adrien Sinfonien le Jeu 30 Déc - 10:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le réveil des élites : le soubresaut impérial   Jeu 30 Déc - 10:41

Non content de retrouver son ancien collègue sain et sauf, Etzel ne peut s’empêcher une embrassade en serrant contre lui l’ancien Ministre de la Couronne en le secouant à l’aide de ses épaisses mains graisseuses au milieu de la vaste assemblée. La salle du Conseil était bondée : vingt-trois députés nabelnistes qui avaient réussi à fuir étaient installés le long d’une rangée ; le Général de la Villejégu ainsi que l’Etat-Major de la légion XL étaient en grande discussion dans un coin de la pièce – l’arrivée de la cavalerie des légions XIX, XX et XXXIX étaient imminentes et au plus grand soulagement de chacun, l’infanterie serait à Sellesrai avant dix-huit heures ; le Maire de Sellesrai et ses proches conseillers étaient eux aussi présents mais l’osaient parler ; plusieurs hauts-fonctionnaires étaient eux aussi installés dont un représentant des postes et communications expliquant autour de lui que les messages transmis aux relais télégraphiques ne pourraient passer la censure républicaine bien longtemps.

Afin de rappeler le silence, le Ministre de l’Intérieur frappa à trois reprises dans ses mains et invita Adrien Sinfonien à porter à la connaissance de tous la situation d’Elbêröhnit ayant été le dernier à en échapper et à parvenir jusqu’à eux. Pendant que ce dernier s’exécutait en apportant des éléments nouveaux – en ce sept nabelnine midi, Etzel ne pouvait s’empêcher de lancer des regards tantôt inquiets, tantôt rassurés au Général de la Villejégu – désormais paré de ses épaulettes dorées.

Une carte au centre de la table avait été déroulée, représentant Elbêröhnit et ses proches alentours. Dessus, plusieurs pions y avaient été posés, censés représenter les troupes de la Légion qui auraient pour charge de libérer la Capitale et la Famille Impériale. Sur les indications d’Adrien Sinfonien, un cartographe – après avoir reçu l’accord du Ministre de l’Intérieur – positionna de nouvelles figurines sur le Plateau Ceronine II ainsi qu’au siège du Renseignement et raya les différents ministères avec un crayon de carbone. Dès que le champ fut dégagé, Etzel de Varsalance indiqua le plan définitif qui aurait lieu le lendemain matin.


« Puisque nous bénéficierons de l’appui de quatre légions, ainsi que de la Garde Impériale au Palais Ceronine II et de la Gendarmerie Impériale dans le fortin ouest, inutile de nous presser à attaquer la Capitale comme je l’avais souhaité tantôt. Nous attaquerons demain matin à l’aube, lorsque la ville sera encore endormie et que les rebelles seront éparpillés lorsque le signal sera donné par nos éclaireurs.

Nous débuterons donc avec le débarquement de 300 hommes sur l’Île d’Elbêröhnit qui se situe non loin du Palais et de l’Avenue de l’Empire. Ils devront passer par le nord et redescendre le long du fleuve. Les hommes du génie sont parvenus à confectionner soixante petites chaloupes en bois qui devraient suffire pour la besogne et qui devraient être acheminées à la tombée de la nuit. Une église se trouvant sur l’île, le signal sera d’y faire flotter le drapeau impérial dès lors que les soldats de la légion XL auront pu prendre position et monter des barricades sur le pont. Dans la mesure où des hommes et des femmes se trouveront sûrement sur place, ordre leur a été donné de les rassembler dans l’Eglise et dans tout autre bâtiment de grande taille afin de pouvoir les surveiller et d’éviter qu’ils ne se rebellent.

Une fois le signal donné, l’artillerie pilonnera pendant vingt minutes la ville autour de l’Avenue de l’Empire afin de permettre aux dix mille cavaliers de charger sabre au clair pour accéder jusqu’au Palais Ceronine II. Ensuite, les Gendarmes Impériaux seront assez à des régiments en raison de leur connaissance de la ville, le but étant de reprendre le contrôle de la rive gauche aussi vite que possible et permettre d’accéder aux grille du palais en moins de trente minutes. La charge sera longue et devra être efficace afin de sécuriser les abords du plateau. »


Usant d’une canne pour déplacer les pions, le Ministre semblait évoquer une attaque mainte fois revue, devenue un classique des académies militaires. Voyant son auditoire captivé, il poursuivit.


« Une fois que nous seront sûrs que l’Empereur et sa Famille ne craignent plus rien, nous passeront les insurgés à la mitraille et forceront les républicains à se rendre ou à mourir.
Il nous faudra sûrement plusieurs jours pour s’assurer que la ville sera sous contrôle mais j’espère qu’une fois le peuple rassuré sur le sort de Notre Majesté, il déposera les armes et cessera la mutinerie. »


Fol espoir ? vœu pieux ? Il était trop tôt pour le dire. Voyant l’heure avancer, il ordonna que tout le monde finisse de se préparer et que les hommes se tiennent prêts à partir. La légion XL devrait prendre la route d’ici peu afin de s’assurer que le convoi ne craigne rien jusqu’aux abords d’Elbêröhnit.

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