L'Empire du Belondor

Micronation s'inspirant du Premier et du Second Empire français ainsi que de la Rome antique.
 
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 [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur

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Tancrede Batignoles
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MessageSujet: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Mer 12 Mai - 7:09

Monsieur Batignoles avait entendu parler de l'attentat qui avait frappé le prefet et son épouse, et les risques de rebellion été accrus depuis que le représentant de l'Empire, ne pouvait plus assurer ses fonctions.

Tancrède se déplaca donc, durant son séjour il sera le représentant de l'Empereur le temps qu'un autre préfet soit nommé. Il avait pour mission de lutter contre toute rebellion, et le maintient de l'ordre dans le département.

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Son Excellence Tancrède Batignoles
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Dernière édition par Tancrede Batignoles le Ven 14 Mai - 2:19, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Jeu 13 Mai - 8:58

Malgré le beau temps printanier la vie demeurait morne à Beneline, plus grand port de pêche de l'Empire et sûrement le chef-lieu dont le taux de pauvreté et de chômage était le plus élevé de toute la métropole. La population, fortement emprunte par une culture eslagnaise autrement éloignée de celle à laquelle étaient accoutumés les elbêröhnitois, ne se cachait pas de parler leur propre langue dans les rues comme dans les commerces et il semblerait bien difficile de faire respecter l'arrêté ministériel pris quelques semaines plus tôt par l'Intérieur en vue d'en interdire l'usage tant oral qu'écrit ; d'ailleurs quasiment toutes les enseignes suivaient l'eslagnais et rien ne semblerait changer sans l'intervention décisive d'exécutant.
La ville était encore marqué par les profonds stigmates de la Guerre de Réunication et la population ne cachait presque plus son désamour pour l'Empire et les fausses promesses qui lui avaient été faites pendant plusieurs années. Nombreux étaient les bâtiments encore debout qui avaient été éventrés par des boulets de canon et qui portaient les traces d'impacts de bales ; en somme, la ville semblait être nourrie par la vision quotidienne d'un passé armée et guerrier qui était intrinsèquement lié à une guerre de clivages.
En tout état de cause, bien que l'environnement sensiblement hostile au pouvoir impérial, il semblait difficile de voir ces gens s'attaquer directement aux représentants de l'État eu égard à l'état des forces armées concentrées. D'ailleurs, la Légion avait ordonné que soient déployées les régiments dans les rues afin de s'assurer qu'aucun débordement n'ait à nouveau lieu.

Par ailleurs, tout avait été fait pour que le Vice-ministre de l'Intérieur, désormais en charge de l'administration du département du Bélière-et-Lande, n'ait à souffrir d'aucun manque et puisse en toute quiétude s'affairer au respect du Droit et de la Justice. L'Hôtel de Ville de Beneline n'étant pas suffisant grand pour accueillir toute la délégation ministérielle et la Préfecture ne disposant pas encore de la totalité de ses locaux, deux maisons communes mitoyennes avaient été mises à la disposition du Sieur Tancrède Batignoles et de ses services. Au demeurant, l'étage de l'une d'elles avait été aménagé avec tout le confort nécessaire en vue de devenir le lieu de séjour du ministre.

Dans la halle de la plus grande des maisons, les services secrets belondaures recoupaient toutes les informations dont ils disposaient depuis les trois derniers mois sur la situation en Eslagne et plus particulièrement au Bélière-et-Lande. S'ils savaient qu'existait une Confrérie patriotique eslagnaise, ses meneurs ne semblaient pas être des terroristes mais plutôt des bien-pensants persuadés qu'à force de décision et d'élections ils parviendraient à reprendre le contrôle de la province et pourraient l'administrer selon leur gré. Au milieu des différents groupuscules régionalistes et indépendantistes (tous terroristes), seule l'Armée Nationale Eslagnaise semblait être capable d'un tel coup d'éclat mais bien étrangement, aucune revendication ne portant la griffe de l'ANE n'avait transpiré dans les journaux de la région ou dans les papiers officieux qui étaient affichés dans les lieux publics.
La Couronne, ainsi que l'Intérieur, devraient donc débuter les investigations à l'aveuglette mais tout le monde attendait patiemment que les ordres soient donnés aux différentes administrations par le Ministre Batignoles, seule personne habilitée à pouvoir conduire cette vaste enquête qui nécessiterait la formation d'un bureau décisionnel afin de pouvoir coordonner l'ensemble des administrations présentes.

Maintenant, seul le temps semblait pouvoir jouer en leur défaveur, il faudrait donc opérer rapidement et intelligemment pour ne laisser aucune piste inexploitée.
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Tancrede Batignoles
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Ven 14 Mai - 11:17

Tancrède avait dans un premier temps fait imprimé un discours afin de montrer sa fermeté au peuple, mais aussi de prendre ses premières décisions dures et fermes.

Citation :
Chères habitantes, chers habitants,

Un pouvoir insurrectionnel s'est établi dans le département par un pronunciamiento d'anarchiste terroristes.

Les coupables de l'usurpation ont exploité la passion de certaines personnes, l'adhésion enflammée d'une partie de la population de souche eslagnais qu'égarent les craintes et les mythes, l'impuissance des responsables submergés par la conjuration de ces anarchistes.

Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de personnes. Il a une réalité : un groupe de partisans, ambitieux et fanatiques. Ce groupe et ce quarteron possèdent un savoir-faire expéditif et limité. Mais ils ne voient et ne comprennent la nation et le monde que déformés à travers leur frénésie. Leur entreprise conduit tout droit à un désastre national.

Car l'immense effort de redressement de l'Empire, qui est entrepris socialement, culturellement doit être bénéfique pour tous pour tous, oui vous m'entendez bien. Ce travail sera mené jusqu'à la victoire remportée, par moi ou mes successeurs. Nous nous laisserons pas intimider par un groupe d'individus fanatiques. Qui seme le vent récolte la tempête voilà un proverbe qui s'applique dés aujourdh'ui et que je fais mien.
Voici l'Empire bafoué, l'Empire défiée, notre puissance ébranlée, notre prestige abaissé, notre place micromondiale compromis. Et par qui ? Hélas ! Hélas ! par des hommes dont l'inconscience n'est égale que leur stupidité..

Au nom de l'Empire, j'ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer partout la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire. J'interdis à tout les habitants de porter secours et assistance à ces hommes, j'interdis la langue eslagnaise dans toutes les institutions scolaires de l'Empire, tout professeur ou instituteur prônant l'éducation de cette langue sera déchu de ses fonctions, et pourra être juger pour incitation a la rebellion. J'interdis la langue eslagnaise sur les pancartes des commerces, ou batiments publiques. Ceux qui ne respecterons pas l'arrêté du Ministre de l'Intérieur verront leur commerce fermé. J'interdis à tous les habitants du département d'avoir des armes chez eux. Ceux possédant des armes à feu ou armes blanches devront les apporter à la préfecture sous peines de peines afflictives. J'interdis toute réunion de plus de deux personnes dans les lieux publics. Une récompense de 5000 Sb sera offerte pour tous renseignements concrets concernant ce groupe de dissidents. Enfin un couvre feu sera appliqué pour une durée indeterminée, le couvre feu sera de 20h à 7 h le lendemain. Des patrouilles feront leurs rondes durant le couvre feu et arreteront les refractaires aux commandements ci dessus. Un Tribunal d'Exception sera mis en place pour juger, tous crimes ou délits.
Une enquête est ouverte concernant l'attentat, les protagonistes de cet horrible assassinat seront recherchés, traqués, arrétés et condamnés. Nous n'aurons de cesse de les poursuivre afin qu'ils subissent un chatiment exemplaire.
L'avenir des usurpateurs ne doit être que celui que leur destine la rigueur des lois.

Devant le malheur qui plane sur le département et la menace qui pèse sur l'Empire, j'ai décidé à partir d'aujourd'hui, d'utiliser tous les moyens utiles et nécéssaires pour lutter indéflectiblement contre ce fléau. je prendrai, au besoin directement, les mesures qui paraîtront exigées par les circonstances. Par là même, je m'affirme, pour aujourd'hui et pour demain, en la légitimité que l'Empire m'a conféré, que je maintien quoi qu'il arrive, jusqu'au terme ou jusqu'à ce que me manquent, soit les forces, soit la vie, et dont je prendrai les moyens d'assurer qu'elle demeure après moi.

Je vous demande à vous habitants de ce département de m'aidez dans cette tâche rude.

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Dim 16 Mai - 4:50

Les eslagnais, à l'instar des autres provinciaux belondaures étaient fiers de leur culture et de leur histoire, autant de particularismes qui tendaient à les pousser vers plus d'autonomie sinon vers un indépendantisme craint en haut lieu. La venue du Vice-ministre de l'Intérieur tranchait avec la politique attentiste de l'Empereur des belondaures ayant bien trop longtemps fait du Bélière-et-Lande le parent pauvre du pays. Mais son discours et ses actes n'avaient en rien calmé une population poussée à bout qui réclamait désormais que l'Arrêté du Ministère de l'Intérieur soit abrogé.

Sans même avoir attendu que les arrêtés d'application portant sur le droit de grève soient publiés, de très nombreuses usines avaient effectué des votes à main levée en vue de faire cesser les productions et revendiquer librement leurs droits et leur appartenance à une culture qu’il souhaita préserver coûte que coûte. Les dépôts en préfecture s’étaient comptés en centaines en l’espace de quelques jours et les lieux de travail étaient devenus de véritables bastions, des barricades ayant été levées et interdisaient l’entrée des personnes extérieures. Ceux qui avaient osé s’élever contre ces pratiques qu’ils jugeaient contraire aux lois et aux valeurs de l’Empire s’étaient terrés chez eux dans la crainte de représailles, sans pour autant avoir averti les autorités de leur refus de participer à ces piquets de grèves.
Finalement, la politique du plus fort et du plus haineux était celle la plus suivie. Depuis l’annonce fait par le ministre Batignoles, près de soixante-quinze pourcent des travailleurs avaient cessé leur activité et n’hésitaient pas à manifester devant les parvis de l’Hôtel de Ville et de la Préfecture, allant même jusqu’à occuper les Halles aux poissons ainsi qu’au bétail. Les mineurs et les travailleurs dans l’industrie lourde étaient ceux dont la voix portait le plus, ces gueules noires qui refusaient de servir un Empire qu’ils ne considéraient plus comme leur en raison du manque de respect flagrant dont il faisait preuve.

Chemin faisant, les commerces eux-mêmes fermèrent afin de protester contre un arrêté qu’ils qualifiaient d’injuste et alimentèrent ainsi un conflit déjà plus qu’envenimé ; le corporatisme battait son plein et des représentants de corporation avaient adressé leurs exigences à l’administration impériale, décrétant qu’ils n’accepteraient jamais d’ôter l’eslagnais de leurs pancartes ou devantures mais qu’ils étaient prêts à faire leur sacrifice d’une partie de leur liberté en adjoignant une traduction en belondaure lorsque ceci s’avérait nécessaire.
Pour faire face à une pénurie de nourriture attendue, on se rua dans les boutiques d’alimentation et les drogueries pour faire les plus grandes provisions possibles, le conflit risquant de durer jusqu’à ce que le plus faible des deux ne s’avoue vaincu.

Beaucoup d’honnêtes gens s’étaient ralliés aux travailleurs, nombre d’entre eux étaient des régionalistes, des autonomistes ou des indépendantistes souhaitant faire de la promotion pour leur courant et ainsi faire porter au plus près leurs propositions pour renverser la situation en leur faveur.

Mais malgré le vent de colère qui soufflait sur le Bélière-et-Lande, les interdictions édictées par le Vice-ministre de l’Intérieur étaient dans l’ensemble respectées.
Les instituteurs et professeurs s’attachaient autant que possible à suivre les programmes scolaires officiels mais ils devaient faire face à l’absentéisme croissant de leurs élèves, les parents refusant qu’ils suivent en classe des leçons portant sur des matières assurément pro-belondor et où l’eslagnais avait trouvé une place tierce. Le Conseil académique du département compta jusqu’à quatre-vingt-dix pourcent d’absents dans les classes dans les écoles les plus provinciales et seuls les enfants de bonne famille (proches du pouvoir) allaient encore suivre les enseignements à défaut de les recevoir par un précepteur.
Les services municipaux avaient débuté les changements des pancartes dans les bâtiments publics ; il fallait notamment compter sur les tailleurs de pierres dont les commandes ne cessaient de s’allonger et l’on annonçait déjà un délai de livraison pouvant prendre plusieurs semaines. Dans la mesure où le travail du bois s’avérait moins coûteux et plus rapide, on sollicita les menuisiers et les ébénistes pour ces travaux afin de cacher à titre provisoire les enseignes écrites en eslagnais sur les bâtiments publics. Bien évidemment, les coûts engendrés étaient conséquents et se comptaient très provisoirement en dizaines de milliers de sesterces belondaures.
Pour ce qui était des armes, quasiment aucun retour n’avait été effectué et lorsque c’était le cas, il s’agissait souvent de fusils trop anciens pour pouvoir être utilisés. Dans la mesure où la situation pouvait dégénérer, chacun avait pris la décision de rester armé chez soi au cas où des malfrats tenteraient de s’en prendre aux civils en venant piller chez eux ; la crainte de l’insécurité prenait donc le pas sur la loi et le droit.
Néanmoins, peut-être pour éviter une contagion de la rébellion, le couvre-feu était respecté et les regroupements de citoyens – sans compter sur les premières manifestations désorganisées – étaient rares, au point que les cafés et salons de thé eux-mêmes avaient du fermer leurs portes.

Face à cette ivresse de liberté et cette envie d’en découdre, quelques bourgeois se proposèrent d’apporter leur concours au Vice-ministre selon ses besoins. D’ailleurs, Son Excellence le Duc Caulaincen Ambroisies de Beneline, Grand Chambellan du palais impérial et Président du Sénat avait été appelé par plusieurs marchands et promoteurs influents qui attendaient ainsi qu’un signe politique fort soit donné et que les choses évoluent favorablement.
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Tancrede Batignoles
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Lun 24 Mai - 8:30

Tancrède Batignoles, qui était au courant des diverses mouvements de protestations qui se faisaient dans les usines, il fallait pourtant ne pas empecher ceux qui ne souhaitaient pas faire grève, d'aller au travail, tout en respectant le droit de greve que la loi avait promulguée.
Tancrède décida dans un premier temps de rencontrer les grévistes, afin d'avoir une idée plus approfondie de leurs revendications, et dans un deuxième temps de lancer une enquête sur les meneurs autonomistes et regionalistes, et indépendantistes afin de connaitre les idéaux pour lesquels ils se battent. Tancrède était même pret à les rencontrer s'il le fallait pour les écouter. Car tel était son pouvoir pour le moment...
Il fallait ramener le calme et la paix qui est précaire dans ce département,

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Lébian Thilovine

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Mar 25 Mai - 15:16

La Gare de l’Ouest, sise non loin de la Cathédrale Saint-Sixte-de-Grande-Puissance, était un véritable organisme vivant. Chaque jour, c’étaient plusieurs dizaines de milliers de personnes qui se retrouvaient à emprunter le rail pour quitter ou atteindre Elbêröhnit, à l’instar du sang circulant à travers artères et veines ne trouvant pour relai qu’un cœur en pleine santé. Ainsi, de la même façon que l’on pouvait considérer un problème cardiaque en regardant le flux sanguin, on pouvait apprécier la baisse de trafic aux trains habituellement pleins qui ne déversaient plus que quelques personnes sur les quais.
D’aucuns disaient qu’il s’agissait là du coût du logement qui avait grimpé au sein de la Capitale depuis que l’Avenue de l’Empire avait été percée selon les souhaits de l’Empereur mais la raison semblait être liée à la conjoncture politique et sociale au Bélière-et-Lande. D’ailleurs, il suffisait de s’arrêter quelques heures pour constater que seules les locomotives venant de Beneline et de Sainte-Lucie souffraient de ce désamour nouveau. Etait-ce lié au fait qu’un attentat contre le Préfet et son épouse avait forcé le Ministre, Duc d’Empire, Chancelier, Sénateur, Conseiller d’Etat,… Etzel Ito de Varsalance à envoyer son Vice-ministre sur place pour resserrer la vis entraînant ainsi grèves et contestation populaire, blocage du rail et couvre-feu ? De façon plus pragmatique, la réponse était positive.

Mais au fond, parmi tous ces badauds qui passaient sans se croiser, personne ne semblait réellement s’en soucier, bien trop préoccupés par leurs petits tracas. Assis sur un banc, attendant un hypothétique train en partance d’Elbêröhnit allant jusqu’à Beneline, un homme à l’allure particulière attendait avec une valise à ses pieds, fumant sa pipe et ramenant constamment son chapeau vers son front pour cacher son visage de la lumière du soleil qui perçait entre la tôle et le verre. Alors que le cheminot lui avait indiqué l’entrée en gare de la machine à 11h20, que la grande horloge qu’il apercevait dans le hall de la gare indiquait 11h23 et que sa montre à gousset - qu’il avait remonté juste avant de quitter son appartement et dont il la savait plus fiable que n’importe quel autre mécanisme horloger – indiquait quant à elle 11h27, aucun panache de fumée ne s’élevait encore. Décidemment, l’effet papillon qui avait longuement été disserté par d’éminents philosophes et autres grands penseurs, semblait une fois encore démontrer sa véracité : il suffisait qu’une bombe saute à l’autre bout du pays pour que les trains n’entrent plus en gare à l’heure !

Finalement, le miracle se produisit avec vingt cinq minutes de retard avec pour excuse le fait qu’une vache un peu plus sotte que les autres avait confondu ballast et pâture au moment où la machine à vapeur avait décidé d’amorcer une légère descente et qu’il avait été impossible de s’arrêter sans percuter la pauvre bête. Quittant sa pipe et sa torpeur, l’homme prit donc place dans l’une des voitures-salons aménagées - pour ceux dont la bourse était assez conséquente pour pouvoir se payer tout le confort possible – de spacieuses cabines ainsi que d’un restaurant permettant ainsi de venir manger à toute heure du jour et de la nuit durant le temps du trajet.


Ainsi, alors que le train quittait Elbêröhnit, les rares passagers furent conviés à prendre leur repas de midi, le chef leur proposant de découvrir les recettes du Bélière-et-Lande pour les gens de la capitale tandis qu’on suggérait aussi les plats d’Ecosient à base de poisson qui faisaient toujours fureur. Peut-être par maladresse à moins que ce ne fût pour combler une avide curiosité, un godelureau prit place à proximité de Lébian Thilovine visiblement affairé à manger sa tielle et lança d’une voix fluette :



« Vous avez peur que quelqu’un vous reconnaisse sans vos verres teintés ? »


Peu habitué à ce genre d’interpellation, le Commissaire n’intervint pas sur le moment, finissant sa bouchée, le visage rivé sur son assiette et sa consistance. Porter des lunettes aux verres mâts était une chose assez rare pour être visible, loin d’être esthétiques, elles servaient surtout aux hommes souffrant de la syphilis afin que le soleil n’égratigne pas plus leur santé déjà précaire. Or, l’intéressé semblait en excellente santé portant plus la monture par agrément que par nécessité médicale. Lorsqu’il eut fini d’engloutir sa part, Lébian leva la tête à l’adresse du minot qui avait ainsi osé le couper au milieu de son repas. Visiblement peu au fait des manières des gamins de cette espèce, le Commissaire n’hésita pas à répondre avec sa verve habituelle.

« N’était-il pas plus convenable de se présenter avant de faire une quelconque réflexion à l’adresse un parfait inconnu ?

- Hé bien, c’est que mes manières semblent correspondre aux vôtres, manger ainsi coiffé et monté ne suit pas l’étiquette à laquelle nous pourrions nous attendre, répondit le jeune homme qui ne devait pas avoir plus de vingt ans. Néanmoins, puisque je vois que vous avez l’art de répondre à une question par une autre, je serai plus clair. Je me prénomme Nélis de Plyancour, fils de Baniel de Plyancou, entrepreneur de Beneline.

- Alors, de Playancour, laissez-moi vous dire que je n’ai pas peur que l’on me reconnaisse puisque je n’ai à me cacher de personne ici. Mais puisque je vois que vous aimé à discuter, peut-être que vous pourrez me dire ce que vous faisiez à Elbêröhnit pour ainsi devoir quitter une ville calme et paisible pour rejoindre une ville au bord de l’insurrection.

- Oh ! C’est justement car Beneline est sans dessus-dessous que j’y retourne. Il paraît que la grève fait rage et que même les contre-maîtres refusent d’honorer les commandes ! J’ai fait la promesse à mon père de l’aider à reprendre l’activité au plus tôt mais ces bureaucrates de la Capitale semblent préférer le conflit au travail.

- Vœu pieu que de croire qu’il suffira de votre ravissant minois pour ramener tout le monde à son poste, de Plyancour. Laissez-moi par ailleurs vous rappeler que ces bureaucrates de la Capitale cherchent à éviter que des gamins comme vous finissent ‘hâché menu’ comme l’ont été de pauvres bougres il y a quelques jours. »

Décidemment, la jeunesse semblait insouciante depuis quelques années, comme si l’Empire leur permettait de vivre sans craindre que leur situation ne soit un jour menacée. Ce Nélis parlait de la même façon que ceux qui étaient nés avec une cuiller en argent dans la bouche, à ceci près qu’il manquait cruellement de vocabulaire pour ne savoir répondre que pas des onomatopées. D’ailleurs, les propos de Lébian semblaient faire mouche, l’air hautain du jeune homme cédant sa place à une mine surprise ; peut-être était-ce le fait que les bureaucrates – autrement dit le Vice-ministre Batignoles – ne soient défendus ou que l’hypothèse d’une action physique contre la progéniture d’un entrepreneur zélé puisse quitter la fiction pour la réalité. Toujours est-il que le godelureau se renfrogna dans son siège, attendant que l’air électrique passe au-dessus de son minois graveleux. Et puisque Lébian n’aimait pas être dérangé pendant qu’il mangeait, il posa son pistolet à percussion sur la table de façon à ce que tout un chacun puisse le voir et en tirer la conclusion qu’il n’était pas là pour discuter.
Peut-être en guise d’épilogue, l’importuné porta une dernière fois son attention sur le trublion et se présenta :


« Commissaire de police Lébian Thilovine, en charge du dossier sur la mort de la défunte épouse du Préfet du Bélière-et-Lande et de dix-huit autres personnes. Je suis persuadé que nous serons amenés à nous revoir à Beneline, Nélis de Plyancour. »

Étrangement, personne ne vint perturber le voyage du Commissaire et le fils de l’entrepreneur benelinois ne se fit pas revoir. Comme quoi, avoir une arme et un grade suffisait parfois à faire taire les plus bavards et les plus irrévérencieux.


A son arrivée dans le chef-lieu du département du Bélière-et-Lande, Lébian fut accueilli par des militaires armés sur leurs gardes, demandant leurs papiers à tous les passagers. Fort heureusement, le Commissaire s’était fait annoncer et le chef de la police locale l’attendait avec quelques-uns de ses hommes pour souhaiter la bienvenue à celui qu’ils espéraient être leur sauveur. Depuis l’attentat, aucune piste n’avait permis de mettre la main sur les assassins et le risque de se voir tailler des oreilles en pointe guettait de plus en plus les incompétents et l’on disait d’ailleurs que le Vice-ministre de l’Intérieur n’était guère affable, comme tous les hommes de la Capitale, et qu’il ne réfléchissait qu’en terme de résultat ; d’ailleurs, ce n’était pas forcément un mal quand on voyait les chiffres alarmants sur les dossiers classés sans-suite dans le reste de la métropole.

N’étant pas dans sa juridiction, Lébian ne pouvait pas recevoir ses ordres du petit homme trapu qui lui tendit une main grasse dont les ongles rongés à sang montraient bien qu’il ne maitrisait en rien les événements, pas plus que son hygiène, il était donc convenu qu’il collaborerait avec les services de police impériale de Beneline mais ne dépendrait que de l’autorité directe de Tancrède Batignoles, qu’il souhaitait rencontrer le plus rapidement possible. Sautant dans une calèche, la troupe parvint rapidement à une rue barricadée par l’armée obligeant l’officier à poursuivre à puis jusqu’à une maison commune servant de centre de commandement. Se faisant annoncer à un maréchal-des-logis, il espérait rencontrer son supérieur le plus tôt possible afin de recevoir ses premiers ordres et ainsi avoir un début du piste lui permettant de remonter jusqu’aux commanditaires de l’attentat.

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Tancrede Batignoles
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Jeu 27 Mai - 9:21

Le Vice Ministre affairé à la paperasserie, eut un travail considérable à fournir, cependant quand un subalterne ouvrit la porte, aprés avoir frappé, celui-ci fit annoncer à Monsieur Batignoles le Commissaire Lébian Thilovine, qui entra

- Bon jour Monsieur le Commissaire, entrez donc et prenez place.

Tancrède montra un fauteuil à Lébian.

- Bien comme vous le savez surement le Préfet et son épouse ont été victime d'un atentat. Vu le contexte politique actuelle la piste la plus vraisemblable semble être les autonomistes ou alors les indépendantistes eslagnais. Nous avons un devoir monsieur le Commissaire celui de retrouver et de déferer devant la justice les coupables de ces faits odieux.

- D'après mes information un petit groupe de nationalistes eslagnais se réunit clandestinement tous les jeudi soir dans un bar sordide "la Chatte sur un Toit Brulant". Ce petit groupe doit être lié avec un autre groupe plus grand. en les capturant les uns aprés les autres et en soutirant des informations nous espérons tomber sur des informations importantes. Ainsi tous les dominos tomberont les uns après les autres inéductablement. Avez-vous des questions?

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Ven 28 Mai - 12:55

Le Commissaire entra dans le bureau après y avoir été invité par le Vice-ministre de l’Intérieur, auquel il répondrait directement. Il avait extraordinairement ôté son chapeau mais avait conservé ses montures aux verres teintés, ne se souciant guère de ce que pourrait penser son hôte. De toutes façons, ils n’étaient pas à ceci près car tous les deux savaient que l’officier de police n’était pas habilité à diriger une enquête par la voie procédurale normale et qu’il ne pouvait répondre de ses actes que devant l’instance supérieure à savoir le Ministre de l’Intérieur qui avait savamment organisé la gestion de l’affaire par son second et qu’il avait d’autres chats à fouetter que de se préoccuper d’un possible névrosé atteint de la syphilis.

Par déformation professionnelle, à moins que ça ne soit inhérent à la personne de Lébian Thilovine, ce dernier porta son regard caché par la teinte mâte des lunettes sur tous les coins et recoins de la pièce en misant sur sa mémoire photographique pour pouvoir un jour utiliser une information qu’il aurait eu sous les yeux et que beaucoup auraient laissé échapper. D’ailleurs, il porta un soin particulier à son interlocuteur car en bon physionomiste, il se devait de le reconnaître au milieu d’une foule compacte, comme il le faisait continuellement avec les bandits qu’il traquait.

Prenant place dans le fauteuil qui lui était indiqué, le Commissaire écouta d’une oreille distraite le Vice-ministre, plus préoccupé par la coupe du costume de ce dernier que par son intervention. Comme à chaque fois, un bref rappel des faits précédait des attentes similaires : arrêter les criminels et permettre à ce fabuleux pléonasme de justice juste de ne pas devenir un oxymore. Pour une fois, Lébian fut amusé de la formulation des informations qui souffraient d’une contradiction guère contradictoire ; s’entendait ainsi le fait que des hommes se rencontraient clandestinement dans un bar alors qu’un couvre-feu interdisait les déplacements de nuit. Au fond, qui oserait prendre le risque de sortir pour se rencontrer chaque semaine si la prison attendait les moins malins ? Les personnes peu avisées, souvent des benêts pensant qu’ils pourraient révolutionner le monde sans se faire démasquer par plus malin qu’eux. Evidemment, en bon analyste, le Commissaire ne manqua pas d’en faire la remarque au Vice-ministre :


« Monsieur, excusez-moi mais une chose m’interpelle. Vous dites que des nationalistes eslagnais se réunissent tous les jeudis soirs dans un bar dénommé… ‘la chatte sur un toit brûlant’. Je mènerai mon enquête mais n’est-il pas à craindre qu’ils ne cessent de se rencontrer dans des endroits à risque alors qu’un couvre-feu interdit les déplacements dès vingt heures et ce, jusqu’à sept heures le lendemain matin ?

Car s’ils venaient à se rencontrer malgré tout, les solutions qui me seraient offertes seraient bien minces. Je n’aurais le choix qu’entre : tenter de les arrêter au motif qu’ils se sont rencontrés illégalement et ce, sans pouvoir justifier qu’ils font partis d’un groupe indépendantiste ; les infiltrer après en avoir filé l’un d’entre eux, car je doute qu’un pilier de bar qui reste après la fermeture des lieux soit digne de confiance, surtout si sa tête ne rappelle rien à personne. »


Évidemment, l’officier de police savait déjà comment il procéderait, mais il voulait simplement mettre en avant son habituelle prétention, voulant montrer qu’il savait mieux que quiconque faire les bons choix face à une situation donnée. Au demeurant, il était aisé de voir que le Vice-ministre n’était pas des plus habitués à ces affaires puisqu’il proposait d’arrêter tout le monde au fur et à mesure, comme si tout le monde allait patiemment attendre son tour. Mieux valait remonter le plus haut possible et arrêter tout le monde d’un coup d’un seul, les chances de faire parler seraient plus grandes lorsque les petits sauraient que les gros avaient été arrêtés et qu’ils risquaient plus que quiconque.

Toujours était-il que Lébian ne savait pas comment il allait pouvoir travailler et bien qu’il n’était pas le type d’homme à se plaindre au moindre changement de situation ni à a moindre difficulté, il aimait savoir précisément avec qui et quoi commencer ses enquêtes. Il s’était donc habitué à s’entourer de quelques éléments qu’il choisissait lui-même après un long entretien et espérait bien pouvoir faire de même ici avant de débuter. Si sa première question était rhétorique, celle-ci l’était beaucoup moins :


« J’aimerais savoir sur combien d’hommes je pourrai compter pour former mon équipe et où je pourrai consulter les états de service de ces derniers en vue de choisir ceux avec qui je souhaite m’entourer. Ah ! J’aimerais aussi savoir s’il me serait possible d’avoir une maison commune aménagée comme la vôtre pour pouvoir gérer mes homes comme je le souhaite. »
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Tancrede Batignoles
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Dim 30 Mai - 22:13

- Croyez-Vous cher Monsieur, que ces nationalistes, ces autonomistes, bref ces personnes, vont faire une réunion en plein milieu de la rue, aux yeux de tout le monde, il s'avère que ce tripot appartient à un membre de ces nationalistes, et donc ils se réunissent à cet endroit. Sur le point que vous soulevez, il n'y a rien a craindre une surveillance discrète est organisée autour de ce bar sordide. Nous sommes sures de nos sujets à surveiller, depuis que je suis arrivé dans cette ville, la surveillance à débuté, suite à des dénonciations rémunérées.
- Pour débuter, vous aurez une dizaine d'hommes, pour ce qui concerne la maison il y a une maison en face qui est libre, vous pouvez y loger le temps de votre enquête.






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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Ven 4 Juin - 9:51

A la réponse du Vice-ministre de l’Intérieur, Lébian resta interdit. Non pas que le nombre d’hommes était insuffisant, bien au contraire, non pas que la maison mise à disposition ne lui convenait pas, bien au contraire là-aussi ; ce qui l’avait stupéfait c’était de voir à quel point un homme aussi sage et avisé que Tancrède Batignoles pouvait décemment croire que les suspects se rencontreraient en bafouant le couvre-feu qui interdisait toute sorte en ville à partir de vingt heures le soir. Quand bien même ces hommes – voire ces femmes – seraient prêts à tout pour l’indépendance de leur territoire, iraient-ils jusqu’à mettre à mal leur couverture en allant se retrouver dans un bar supposé être fermé ? et même s’ils y restaient pour y coucher durant la nuit, ne serait-ce pas là non plus éveiller les soupçons ? Après tout, un Commissaire de police était habitué à toutes les situations, même les plus ubuesques. D’ailleurs, ces terroristes n’avaient-ils pas déjà montré les limites de leurs compétences en ratant sûrement leur seule chance de tuer le Préfet du Bélière-et-Lande ? Il y aurait assurément de nouvelles erreurs et il serait dès lors du devoir de Lébian de s’engouffrer dans la brèche et de faire ce qu’il avait à faire.

Dans la mesure où une surveillance avait été opérée et où les habitués avaient sûrement été repérés par de fins esprits de la police impériale, il convenait au Commissaire d’y apporter son concours :


« Puisque ce bar sordide a fait l’objet d’une surveillance, je vais pouvoir infiltrer ce réseau en étant sûr que l’on couvrira mes arrières ; j’ai bon espoir d’apprendre quelques informations intéressantes, voire de faire quelques connaissances avant ou pendant leur réunion ! »


Evidemment, ce n’était en rien une suggestion, il n’avait fallu que quelques secondes à l’officier de police pour décider d’intervenir de la sorte. D’ailleurs, la constitution de son équipe devrait lui permettre ce genre de folies, sans attendre une once de seconde en plus, il reprit :

« Pour les hommes qui seront sous mes ordres, je n’en aurai besoin que de quatre ou cinq, mais je vous remercie de pouvoir me faire monter les renforts jusqu’à une dizaine.
J’ai sûrement de nombreux états de service à consulter donc, je ne voudrais pas vous déranger plus longuement, je pense que vous avez beaucoup de travail devant vous. »


Plus tôt l’entretien serait clos, plus vite Lébian pourrait constituer son équipe. Il était donc à espérer que le Vice-ministre n’ait rien d’autre à rajouter.
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Mar 6 Juil - 23:44

Après son entretien avec le Vice-ministre de l’Intérieur, le Commissaire Léthovine se décida à entrer de plein pied dans l’enquête, espérant disposer d’assez d’éléments concrets pour avoir une véritable piste. Il traversa la rue en direction de ses –nouveaux – appartements accompagné des dossiers des postulants, visiblement désireux de rencontrer ceux qui pourraient prétendre à rejoindre son équipe. Eu égard à son perfectionnisme exacerbé, il semblait difficile que Lébian trouve chaussure à son pied ; on lui avait pourtant dit que seuls les meilleurs avaient été présélectionnés et qu’il ne trouverait personne d’autre à même de pouvoir efficacement le seconder dans cette enquête. Chiche ? Lorsque l’annonce lui avait été faite par un Commissaire de Beneline, l’elbêröhnitois n’avait pu cacher un sourire, peu enclin à suivre cette commune croyance. Il serait prêt à prouver qu’il saurait s’entourer en s’affranchissant des propositions voire obligations de la hiérarchie ; il lui faudrait assurément du temps mais c’était un homme des plus patients à qui le sort réservait toujours de bonnes surprises. Et c’était sûrement car il était bien chanceux que la Main se joua un peu de lui, lorsqu’on lui annonça sur le pas de la porte de sa chambre qu’il ne pourrait rencontrer les prétendants que le lendemain matin. La nouvelle, sans entamer sa détermination, le força à revoir ses plans. Dans la mesure où le Vice-ministre Batignoles avait fait été de rencontres clandestines dans une taverne malfamée, Lébian voulu prendre la température du lieu.


Une heure trente après être entré dans sa chambre, ce fut un homme diamétralement opposé qui en sorti. Point de costume, de chapeau haut de forme, de lunettes excentriques ou de pipe allumée ; ce fut un homme du peuple qui passa la porte, habillé d’un pantalon en toile mal dégrossi, d’une chemise sentant la transpiration et de sabots salis par de la boue. En somme, Lébian était passé du Commissaire de police au simple paysan en toute décontraction.
Cette transformation était même tellement réussie que l’agent qui montait la garde au pied de la maison commune où officiait le Vice-ministre braqua son fusil sur lui et lui demanda de s’arrêter et de décliner son identité. Ce fut avec une satisfaction débordante que l’officier lui rappela que quand bien même il n’était pas dans sa circonscription, il n’hésiterait pas à aller voir le supérieur de l’officier zélé prêt à abattre un homme en plein milieu d’un quartier bouclé par les forces de l’ordre et lui intima logiquement l’ordre de préparer un coche et de le déposer dans une ruelle d’où il pourrait s’échapper en se promener un peu dans cette ville qu’il ne connaissait guère. D’ailleurs, l’échange avec le garde fut des plus prolifiques étant donné que le Commissaire prit rapidement son accent et ses mimiques verbales, transcendant un peu plus le personnage qu’il comptait jouer.

S’assurant qu’il ne serait pas inquiété à son retour la nuit tombée, Lébian Léthovine ou plutôt Esteban Vielar quitta alors le quartier pour trouver refuge dans la première maison à boire venue et dépenser quelques sesterces durement gagnés en travaillant dans une usine du coin en faisant comme tout bon ancien paysan ayant fui sa campagne en espérant réussir à faire fortune en ville. Suivant les indications de Batignoles, le Commissaire vêtu de son bleu de travail pénétra dans la taverne qui lui avait été mentionnée quelques heures plus tôt. Evidemment, nulle réunion secrète en vue mais déjà quelques habitués au comptoir, ivres et bavards, au point de se faire rappeler à l’ordre par le tenancier dès que l’un d’entre eux franchissait les limites du politiquement acceptable. Ce fut par ailleurs sous l’œil suspicieux du gérant que Esteban prit ses marques en allant s’asseoir vers l’un des piliers de bar et en commandant un alcool fort de la région, difficilement prononçable pour les ruraux mais nettement plus après s’être entraîné à la prononciation dans le train ralliant Elbêröhnit à Beneline. Il s’agissait d’une eau de vie au goût sucré faite à base de fruits macérés et d’une plante sucrante ayant le goût de réglisse, réputée pour son fort taux d’alcool mais aussi pour le fait que mal dosée ou trop servie, elle pouvait tuer en raison de la nocivité potentielle d’une partie des ingrédients (la plante en question). L’épreuve du feu passée et le verre servi, l’ouvrier - ou plutôt à ce moment là, le prestidigitateur qui sommeillait en lui et qui s’appelait Lébian – réussit à vider le verre sans ingurgiter la moindre goûte d’alcool, en redemandant pour lui et ses camarades qui le surveillaient du coin de l’œil.

Il ne fallu évidemment que de quelques verres payés par l’inconnu pour que les habitués le considèrent comme un ami et qu’ils se mettent à chanter de vive-voix dans la taverne à moitié remplie. Il était tôt et la plupart des gens travaillaient encore, ce qui laissaient suffisamment de temps à Lébian de faire preuve de ses talents de physionomiste pour enregistrer les visages de toutes les personnes présentes, en les affublant de surnoms grotesques, de couleurs ou de codes, moyens mnémotechniques pour parvenir à se souvenir d’une vingtaine de visages dans leur moindre défaut. Il savait qu’à peine de retour dans sa chambre, il devrait faire un portrait grossier de la majorité de ces derniers et se devait donc être le plus précis possible dans sa mémorisation sans pour autant éveiller les soupçons en s’attardant trop longtemps sur une personne ; c’était sans doute pour cette raison qu’il était on ne peut plus fier d’avoir une mémoire photographique :



« Alors mon p’tit, comment ça se fait qu’on t’a jamais vu ici ? »


L’intervention, brusque et désagréable fit sortir Lébian de son flegme pour soudainement apparaître avenant et passablement éméché. Alors qu’il prenait son temps pour se mouvoir, comme si l’alcool l’avait rouillé, il était soudainement aussi vif qu’un homme soûl devait l’être, bien que tout à fait lucide :


« J’viens pas d’la ville moi. J’suis du nord, sur la côte et j’ai décidé d’descendre quand j’ai vu que ça embauchait pas mal dans le coin. Puis, t’es p’t’être bien un espion ou un type de l’administration de sa Belle Majesté mais y a qu’d’ici qu’on voit comment on tente de nous faire dev’nir comme eux !

- Eh bien, j’vois qu’on est d’accord sur un point ! Madame la femme du Préfet est pas morte à cause de nous, hein, c’est de leur faute à eux ! Son mari avait pas qu’à vouloir venir nous dicter la politique d’Elbêröhnit. Regarde mon ami, ils nous promettaient que Beneline deviendrait une belle ville quand on gagnerait la guerre… Bah ils se sont foutus de notre gueule, j’te le dis ! Concluant là-dessus, l’homme à la peau burinée prit sa chopine et la vida d’une traite.

- Quoiqu’il advienne, tout ceci finira mal. Si l’on se couche, les belondaures auront eu raison des eslagnais et si l’on décide de combattre pour notre liberté, alors beaucoup d’hommes mourront, souligna un homme que Lébian avait déjà remarqué, moins marqué par le travail et l’alcool que les autres ; sûrement prosélyte il venait là haranguer les hommes et les pousser à rejoindre les rebelles. Quand on réfléchit bien, soit l’on sauve nos vies en restant humiliés à jamais, soit on tente de récupérer ce que l’on veut nous prendre au risque d’y perdre un ami, un frère.

- Bah tiens, comme si qu’on allait attendre de se faire plumer comme des oies ! Tu crois bien mon bon ami qu’on va pas s’laisser faire par cette racaille en costume ; parole de benelinois !

- J’pense pas que ça soit une bonne idée de papoter de ça ici et maintenant, conclut Lébian, feignant d’être inquiet que la discussion ne tombe dans de mauvaises oreilles. »


D’un commun accord, la discussion passa à des considérations bien plus désuètes, comme le temps caniculaire pour la saison qui risquait de détruire les récoltes, ce qui serait un coup dur pour une agriculture et une économique locale déjà en bernes.

A l’heure où les usines effectuaient leur rotation, laissant aux équipes de jour la chance de profiter du crépuscule, la taverne gagna considérablement en affluence. Les verres s’entrechoquaient gaiement, on parlait tantôt eslagnais, tantôt belondaure et il était parfois difficile de s’y retrouver tant les propos étaient parfois primaires et complexes à la fois. Lébian parvint néanmoins à recueillir çà et là quelques informations dignes d’intérêt sur les groupes plus ou moins actifs dans la région, mais rien de concret sur l’attentat qui avait coûté la vie à
« Madame la femme du Préfet » et à de nombreuses autres personnes. Mais le Commissaire ne s’inquiétait guère, l’homme qui était intervenu auparavant dans la discussion, mettant en avant le patriotisme eslagnais, le surveillait ; son regard était celui d’un homme intéressé, qui attendait de voir comment se déroulaient les événements avant d’agir. Un homme bien trop méticuleux et avec un accent trop noble pour n’être qu’un simple ouvrier.

Faisant un pari fou, Lébian paya en petites pièces l’argent qu’il devait au tavernier et quitta son établissement en titubant légèrement, comptant sur son flair et espérant que son interlocuteur ne le suive. Le jeu de scène du policier était tellement bon que plusieurs passants s’amusèrent ainsi de voir un homme ivre être livré à lui-même alors que les policiers patrouillaient dans le coin ; et ce qui devait arriver, arriva. Une patrouille montée de la maréchaussée, sortit de nulle part et arriva rapidement à hauteur de Lébian qui n’en espérait pas tant. Alors que l’un des deux cavaliers lui demandait ses papiers, l’homme de la taverne les rejoignit et se fit passer pour un compagnon de boisson et de travail d’Esteban, en s’excusant platement pour le comportement de son ami et en promettant qu’ils n’auraient plus de soucis avec lui. Visiblement préoccupés par d’autres affaires et n’ayant pas envie de conduire un homme ivre à la prison la plus proche, ils laissèrent Lébian à son sauveur. Deux minutes après le départ des cavaliers, et les remerciements alcoolisés de celui qui disait travailler à l’usine, la discussion fut des plus intéressantes :



« Dites-moi où vous habitez que je vous y raccompagne.

- Ah bah ça, c’est une bien bonne question ! J’me souviens plus si je dois aller dans cette direction ou cette direction, répondit Lébian en montrant le mur qui lui faisait face et le quartier des abattoirs. C’est p’t’être bien que je reste dormir ici, je m’en souviendrai après ma sieste !

- Venez plutôt chez moi si vous le souhaitez ; je loge avec quelques amis, nous aurons bien une place pour vous et si d’aventure vous en aviez envie, vous pourriez même souper avec nous plutôt que de dormir immédiatement. Je vous préparerai un bouillon de salade, excellent pour éviter les réveils difficiles.

- Ca c’est gentil. Vous êtes un vrai ami, moi c’est Esteban Vielar de Carruzar !

- Enchanté, Manuel Priano. »


Une poignée de mains scella la rencontre entre deux hommes extrêmement fins et calculateurs dans leurs domaines. Lébian n’espérait pas accéder si vite à quelqu’un d’aussi intéressant et visiblement, Manuel était satisfait de mettre la main sur quelqu’un d’assez discret pour tenir sa langue même sous l’emprise de l’alcool. Il ne restait plus qu’à voir comment la soirée se déroulerait.
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Dim 14 Nov - 1:25

Ici aussi la situation ne fut pas des plus brillantes, en effet Tancrède n'avait plus eu de nouvelles du Commissaire depuis fort longtemps maintenant, et puis les agitations qui se passaient dans la capitale devaient tôt ou tard venir jusque ici cela devenait inévitable maintenant, la rancoeur du peuple devenanit trop forte. Même si toujours quelques usines fussent occupées encore et toujours, pourtant quelques échaufourrées furent signalées. Tancréde prit soin grâce à des informateurs de prendre des renseignements sur les meneurs et de contenirtant bien que mal la foule anarchiste.

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Dim 14 Nov - 4:15

Lébian était un acteur né et il en profitait allègrement. Il avait réussi en l’espace d’un mois à intégrer la bande de Priano et à en devenir l’un de ses adjoints fétiches, la grande majorité des trente hommes à son service étant trop peureux ou pas assez réfléchis. Dans un monde où la crainte de la conspiration et la paranoïa étaient plus fortes que tout, le commissaire elbêröhnitois avait su donner de sa personne : vol de matériel ; neutralisation de gardes ; attaque de convois ; enlèvement de plusieurs commerçants et chefs d’entreprise contre rançon ; … En somme, il avait multiplié les délits sans jamais avoir besoin de tirer son arme et de tuer quelqu’un.

A chaque sortie de sa part, il s’arrangeait toujours pour laisser des indices pouvant conduire à l’arrestation des régionalistes. Des noms d’individus à rechercher ou des lieux étaient inscrits sur des feuilles de roseaux dont l’encre disparaissait à l’eau permettant de ne pas laisser de trace si les enquêteurs mettaient trop de temps à découvrir les informes laissées çà et là. Malheureusement, il son dévouement ne semblait pas porter ses fruits, bien trop peu de gens étaient arrêtés et si tel était le cas, c’était généralement car ils étaient pris en flagrant délit. Jamais résigné, le commissaire connu comme étant Esteban Vielar de Carruzar poursuivait son labeur en gardant espoir qu’un jour il réussirait à mettre en déroute l’une des têtes pensantes de la révolte eslagnaise.
En attendant, il cherchait toujours à savoir qui était à l’origine de l’attentat contre le cortège du Préfet du Bélière-et-Lande, Antoine Villier, qui avait tué sa femme et une vingtaine d’autres personnes. Quelques surnoms revenaient parfois, mais il était difficile pour Lébian de poser trop de questions, lui que l’on considérait comme quelqu’un de discret et qui ne cherchait pas à en savoir plus que nécessaire pour remplir sa mission.

Un matin, alors qu’il rentrait dans le repère de la bande après s’en être pris durant la nuit à une caserne de policiers en y jetant des grenades dans la cour et en volant des fusils dans leur armurerie – fusils qui avaient été rendus inutilisables en versant dans le canon des armes un acide fabriqué à ses heures perdues -, on vint le chercher pour l’avertir de l’arrivée du chef des guérilleros, un dénommé Salazar Ortis, dont sa bande armée approchait les huit-cents individus. Il devait parler affaires avec Manuel et évidemment, ce dernier tenait à ce que son bras droit soit à ses côtés.

Assurément, Lébian tenait là l’une de ses meilleures opportunités d’en apprendre le plus possible sur le mode d’opération de ce fameux Ortis dont le nom lui revenait souvent aux oreilles, tant et si bien que certains l’appelaient parfois le Prophète. Il s’agissait en fait d’un homme abrupt, sévère et qui manquait très franchement d’humour ; il était d’ailleurs connu pour sa violence et ses méthodes de torture peu humaines en vue d’obtenir des informations. Si Lébian le considérait comme le numéro un sur sa liste de suspects dans l’attentat du Préfet, il n’avait jamais eu de réel commencement de preuve lui permettant de poursuivre sur cette piste.

La rencontre devait avoir lieu dans le salon, une grande pièce agencée autour d’une grande table en chêne où se mêlaient chaises en bois et en osier et tabourets trop bas ou trop hauts. En somme, la pièce était aménagée de brics et de brocs, comme pour caricaturer un peu plus le mode de vie des bandits. Manuel était déjà là, attendant l’arrivée d’Ortis, regardant son infusion fumante espérant sans doute que les feuilles de verveine qui flottaient à la surface de la tasse lui permettent de lire dans l’avenir. Les chaussures surmontées d’éperons de Lébian claquaient sur le paquet pourri, comme si chaque pas était destiné à enfoncé un peu plus les planches dans le sol :


« Il parait que vous vouliez me vouloir ? lança le commissaire infiltré dans un eslagnais sans accent, tout en baillant allègrement. C’est pas que ça m’embête mais j’aurais aimé me débarbouiller un peu, après la réussite de cette nuit. On a du marcher trois heures dans le noir et j’ai les chaussures qui n’ont plus de semelle.

- Je veux que tu sois avec moi lorsque monsieur Ortis sera là. En attendant, va te changer et te reposer si tu le souhaites mais tiens-toi prêt, il n’aime pas qu’on soit en retard.

- Pas plus que je n’aime puer la poudre et la sueur, répondit l’intéressé qui tourna les talons et se partit à l’étage faire son affaire. »

Lébian, pourtant habitué aux fastes de la vie elbêröhnitoise s’accommodait de peu. Il dormait sur de la paille et une couverture de laine, à même le sol, tandis que ses commodités se résumaient à une casserole qui lui servait de pot de chambre. Quant à la toilette, ce n’était rien d’autre qu’une grande bassine d’eau qu’il devait faire chauffer pour pouvoir y faire tremper un gant dégueulasse qui commençait à sérieusement empester le musc et le renfermé.

Contemplant sa mine décrépie qui commençait véritablement à ressembler à celle d’un bandit de grand chemin, Lébian prit tout de même la peine de se tailler la barbe sans pour autant se raser de près, il aimait éviter que son visage ne soit totalement mis à nu car trop reconnaissable pour qui l’aurait déjà aperçu dans son uniforme de policier. Alors qu’il était en train de tremper son plumeau dans du savon bon marché pour se l’étaler sur les joues creusées par la fatigue et la diète, l’un de ses compagnons frappa à la porte et beugla des mots inintelligibles que seul un habitué pouvait comprendre.


« Ouais, j’arrive Gueulard ! Tu veux pas non plus que je sorte le cul à l’air ?! »

Gueulard, dont le surnom venait du fait qu’il avait eu la mâchoire brisée en trois par un coup de manche d’un fusil, attendait donc derrière la porte en couinant comme il en avait l’habitude, ce qui avait le don d’agacer Lébian qui se jugeait sans cesse qu’il finirait par lui coller du plomb dans la cervelle un de ces jours.

Sortant habillé du mieux possible, il redescendit au salon d’où plusieurs voix s’élèvaient déjà en eslagnais :


« Merde, il est là l’autre… siffla-t-il en belondaure alors qu’il pénétrait dans la pièce mal éclairée et surtout malodorante.

- Ah ! Voilà mon bras droit. Salazar, je vous présente Esteban Vielar de Carruzar ; c’est mon meilleur élément depuis longtemps. »

Le fameux Salazar ne broncha pas d’un pouce et poursuivit son intervention comme si de rien n’était :

« Ainsi donc vous semez la terreur dans tout le Mont-Rouge, Manuel ? Nos frères se battent comme des loups dans le reste de l’Eslagne. La région est à feu et à sang et pourtant, nous n’arrivons pas à faire plier l’armée du petit roitelet ni ses services secrets.

- Nous avons attaqué une caserne de police cette nuit près de Vamalseda. Esteban et cinq autres de mes hommes ont volé pas moins de vingt fusils ainsi que de la poudre et des grenades.

- C’est ce que l’on m’a dit sur la route, oui. D’ailleurs, un petit malin s’est amusé à en jeter dans les calèches, les cuisines et les bureaux du lieutenant. »

Effectivement, Ortis n’avait pas le moindre humour, et personne n’aurait osé lui faire la moindre plaisanterie, ce qui était sans compter sur le talent légendaire de Lébian pour retourner la situation.

« Le petit malin a simplement voulu éviter d’avoir à galoper comme un forcené toute la nuit avec une pleine lune au-dessus de la tête. Sans leurs attelages, ils resteront tranquilles pendant un moment et on pourra poursuivre notre affaire dans le coin sans être inquiétés. »

Visiblement surpris, Salazar resta interdit alors que Manuel tentait d’intervenir :

« Peut-être pourrions-nous passer au projet que vous vouliez nous soumettre, monsieur. Je suis sûr qu’Esteban saura se taire et vous écouter avec respect. »

C’était sûrement la première fois que Lébian voyait ainsi son chef. Il semblait à la fois craindre pour lui et pour la suite de ses affaires. D’ordinaire, il n’hésitait pas à vociférer contre ceux qui faisaient preuve de trop de zèle mais il préférait changer de sujet, ce qui ne fut visiblement pas pour déplaire à son invité, qui ne savait pas comment prendre la remarque inopportune du commissaire infiltré.
Prenant place aux côtés de Manuel, Salazar débuta donc ses explications, toujours dans la langue locale :


« Depuis que nous avons tenté de tuer le préfet, l’Empereur nous a envoyé son vice-ministre de l’Intérieur. C’est un gars habitué à remplir les fonctions de gratte-papier mais il arrive à nous mettre des bâtons dans les roues ; je veux donc qu’on ne le râte pas et qu’on le tue une fois pour toutes. Il a réussi à encadrer la situation à Beneline en appliquant la loi martiale et je ne pourrai pas compter sur un soutien de la population pour se soulever une nouvelle fois là-bas. C’est pour ça que je compte y envoyer tous mes hommes pour y affronter la garnison qui se trouver à Beneline et mettre la main sur ce Batignoles.
Pour ça, j’ai besoin d’armes et de munitions et tu sembles être le plus à même de m’en fournir. Tu marcherais avec nous ? Les bandes de Pinto et Muguarteguy sont déjà dans le coup, ce qui nous ferait près de mille hommes disposés à attaquer de façon éclair la ville.

- Bien sûr ! Manuel semblait fier de pouvoir faire partie d’une telle expédition. Tu pourras compter sur mes hommes et sur le matériel dont on dispose. On a une planque avec près de quatre-vingt fusils, prends tout ce que tu souhaites et dis-moi ce que tu attends de nous.

- On m’a parlé de ton adjoint, répondit Salazar en regardant enfin Esteban dans les yeux. On m’a dit qu’il était expert dans l'enlèvement et je veux qu’il enlève quelqu’un pour moi. Un entrepreneur de Beneline n’hésite pas à foutre dans ses geôles les ouvriers qui refusent de travailler et qui profite de ses réseaux pour être protégés par un régiment de la Légion ; je veux son fils, Nélis de Plyancour. C’est un petit merdeux mais son père l’aime plus que tout et il fera tout ce qu’on lui demandera s’il sait son gamin en danger.

- Nélis de Plyancour… Sérieusement, comment peut-on laisser quelqu’un appeler son fils comme ça ? Lébian, impassible, regardait ses ongles crassés par la terre et la graisse avant de poursuivre. Va pour moi, je vous l’embarquerai et le conduirai où vous voulez, mais je ne veux pas rater le feu de joie destiné à Batignoles.

- Bien, bien. Vous n’avez pas intérêt à vous foirer car j’aime pas les gens qui l’ouvrent de trop. Mais puisqu’on m’a dit que vous étiez le meilleur, je vous pardonne pour cette fois votre écart de conduite. »

Le commissaire était on ne peut plus satisfait. Il savait désormais de la bande de Salazar Ortis était à l’origine de tous les gros coups et que ce dernier était le commanditaire de l’attaque sur le convoi du Préfet Villier. Désormais, il projetait de tuer un ministre et d’enlever l’héritier d’un empire industriel du bassin minier, sûrement pour faire chanter le père et récupérer à la fois ses usines et ses ouvriers. Il faudrait assurément parvenir à prévenir Tancrède Batignoles dès que possible et s’arranger pour mettre la main sur toute la troupe pour éviter que les dégâts ne soient trop importants.

Cette opération pourrait conduire à l’arrestation d’une grande partie des bandits locaux et mettraient un sérieux coup aux ambitions des régionalistes et lui permettre de revoir le fameux Nélis qu'il avait rencontré dans le train en partance d'Elbêröhnit il y a un mois.

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Lun 15 Nov - 9:11

Tancréde malgré un manque de rentabilité de ses équipes concernant son enquête; ne dormait plus que quelques heures par nuit, il ne mangeait plus trop non plus, il n'avait qu'une obsession, la capture du ou des meurtriers de l'ancien Préfet.

Tancréde devait gérer en plus une trés forte augmentation des agréssions qui demeurent non élucidées et malgré les indices que Lébian avait laissé dans les divers crimes afin de nous orienter vers certaines personnes ou lieux, que trop peu de personnes aux yeux de Tancréde furent arrétés et mis au secret dans les caves de la Préfectures, de plus il savait que les absences de ces hommes allaient mettre le doute dans les divers composantes de la cellule terroriste.

Tancrede travaillait dans une pièce sombre avec une large ouverture devant son bureau, il fit appeller un adjoint.

- Séraphin
- Oui Monsieur
- ou en est on des intérrogatoires?
- Rien Monsieur voici les dossiers des personnes arrétées


Tancréde éplucha les dossiers un par un, rien ne sortit des intérrogatoires, et puis un dossier l'interpella

- Interrogez moi celui là, il est jeune influençable,il nous dira des choses. Les autres gardez les au frais.
Séraphin s'éloigna du Bureau de Tancréde avec sous son bras un dossier d'un jeune homme de 18 ans Juan Priano frére d'un certain Manuel.

un Ami de Tancréde et informateur à ces heures perdues qu'il paya grassement pour diverses informations sur les tripos de Beneline, lui apprit qu'un certain Esteban Vielar de Carruzar était devenu une sommité dans les crimes en tous genres. Ces informations extorquées aprés une multitude de verre d'alccol fort offert par cet informateur mystérieux à certaine personne qui vraisemblablement avait un faible pour les alcools et faisait partis de groupe régionaliste.

Tancréde savait que cet Esteban ne fut que Liéban et que son inflitration était bien réussi et il avait gagné la confiance de son chef , pourtant l'arrestation de quelques militants devait faire porter le doute à ce chef si sur de lui mais malgré tout il continua ces interpellations.

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Lun 15 Nov - 9:47

Peu de temps apres que ces informations furent exploitées, Tancréde avait un rendez-vous avec ce mystérieux informateur dans un parc pres d'un fontaine. Pour passer inapercu dans la foule Tancréde ne se rasa pas de quelques jours et se grimma en vieil homme pour se rendre à ce rendez-vous important. se déplacant à l'aide d'une canne et lentement, habillé d'un vieux manteaux long de fourrure défraichi par l'âge il se rendit donc à se rendez vous.

Tancréde traversa le parc qui fut vide, et se dirigea vers un banc non loin d'une fontaine, il sortit de sa poche un vieux quignon de pain qu'il commenca à disloquer et à le donner aux pigeons qui venaient toujours plus nombreux en quête de quelques miettes de pitance.

Il espérait que Lébian viendrait à son rendez-vous pour enfin en savoir plus.

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Ven 19 Nov - 13:29

La rencontre avec Salazar Ortis avait profondément marqué Lébian. Il n’était nullement question d’une crainte révérencielle ou d’une découverte de sa part de la détermination dont faisaient preuve les régionalistes ; cette rencontre avait marqué Lébian car c’était indubitablement un tournant dans la politique de ces guérilleros qui voulaient en finir une fois pour toute. Le choix de s’en prendre au Vice-ministre était surprenant lorsqu’on savait que le Prince Ismarkus d’Eslagne était établi à trente cinq kilomètres que Beneline et que sa garde était fortement diminuée depuis plusieurs semaines. Sûrement était-ce en raison de sa faible opposition de son conflit et peut-être jouait-il un rôle dans tout ce cirque.

Suite à l’entretien convenu avec Manuel, Lébian avait décidé de se rendre en ville afin de pouvoir approcher au plus près les prochaines cibles et ainsi remplir sa mission ; du moins, c’est ce qu’il avait fait croire à ses acolytes qu’il avait embarqué avec lui, trois gaillards qui tenaient aussi bien la bouteille que le bar. Dès lors, il n’avait pas été difficile de les laisser dans une échoppe qui servait un mauvais alcool et où les bagarres étaient monnaie courante. Libre de ses mouvements, le commissaire s’était arrangé pour organiser un rendez-vous avec Tancrède qu’il soupçonnait d’être surveillé depuis plusieurs jours sinon semaines ; il lui avait donc fait porter un pli dans lequel il lui était demandé de se rendre dans un parc municipal qui se trouvait assez loin de ses quartiers et qui était néanmoins étroitement gardé par la Légion. S’il avait indiqué une heure et un lieu, il n’avait pas pour autant signalé quel accoutrement il porterait ni celui qu’il souhaiterait que son supérieur porte. Il savait néanmoins l’homme consciencieux et se doutait qu’il tacherait de faire un effort sur l’accoutrement afin de pouvoir le surprendre et d’éviter d’être reconnu par tous.

Il arriva donc par l’une des trois entrées du parc, la plus éloignée de la fontaine. Après un rapide coup porté depuis les fourrés, il ne semblait y avoir personne, escompté un homme qu’il distinguait difficilement au loin, le vent lui giflant la face l’empêchant de correctement y voir. Pestant quelques jurons en belondaure, ce qui lui changeait des insultes eslagnaises auxquelles il avait été contraint de s’habituer, il se dirigea donc vers le banc occupé, rajustant son chapeau haut de forme. Pour l’occasion, il avait demandé à un barbier de le raser mais de préserver d’épaisses rouflaquettes et une petite barbiche qui lui habillaient les joues creusées par le manque de nourriture. Ses lunettes teintées vissées sur son nez et un manteau richement orné de fourrure lui encadrait le cou de manière à l’écharper. Son teint halé, en raison de l’exposition au soleil trahissait sa prétendue condition de noble, d’ordinaire bien plus pâle.
S’asseyant avec le renfort d’une canne au pommeau finement ciselé, il incarnait le parfait impotent. Sans attendre un quelconque mot de passe à réciter ou que son interlocuteur n’engage la discussion, il débuta sur le ton tout à fait banal d’une discussion entre deux vieux amis :



« Je n’avais pas remarqué que l’endroit était si paisible. Je n’ai peut-être pas eu tort de le choisir, après tout. Toutes mes félicitations pour votre maquillage, il est fort réussi mais je vous donnerai quelques conseils pour le perfectionner… Si la mission que je dois remplir pour les eslagnais en vous tuant s’avère être un échec. »

Bien que sa façon de présenter la chose le faisait intérieurement sourire, Lébian conserva toute sa réserve, le regard porté au loin. Ne laissant pas le temps au Vice-ministre d’émettre la moindre réponse, il l’interrogea :

« Comment se présente la situation depuis que je suis parti ? »

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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Sam 20 Nov - 1:13

Tancrède continuait à disloquer son bout de pain et de plus en plus de pigeons venaient en quête d'une pitance improbable vu la quantité de pigeons, il écouta Lébian attentivement et quant il eut fini il lui répondit :

- Vous vous rendez compte ce que je suis obligé de faire pour avoir de vos nouvelles! fit il désemparé

toujours en train de donner à manger aux pigeons, un de ceux ci s'approcha un peu trop pres de Tancréde et dans un geste vif comme l'éclair, il laissa sa canne pour attraper un pigeon, lui tordit le cou d'un coup sec et le laissa tomber par terre raide mort, et il rattrapa sa canne à terre, les pigeons s'envolèrent dans une nuée noire sur les arbres voisins laisant le malheureux pigeons et les miettes de pains. Tancréde continua son explication

- Voyez vous Lébian quand un pigeon est malade, il est ébourrifé, l'oeil pâle, seul dans un coin, prêt à prendre le moindre danger pour pouvoir se nourrir, bref il est mis en marge de son groupe et il retrouve seul pour quémander de quoi subsister, j'espere pour vous mon ami que votre groupe ne remarquera pas un jour que vous êtes faible car vous pourriez vous retrouver comme ce pigeon. Je vous demande donc de prendre grand soin de vous et de ne prendre aucuns risques inconsidérés afin de mener à bien notre mission.

Tancrède avec l'aide de sa canne repoussa vers le chemin le pigeon mort et continua

- La situation? fit il énervé

- C'est la Chienlit mon pauvre ami, une révolte civile frappe Elbêröhnit, j'ai aucune nouvelle de Son Excellence de Varsalance, ni par la même de l'Empereur je ne suis plus au courant de ce qu'il se passe dans la capitale, mis à part la révolte civile qui la frappe par quelques informateurs.

Tancréde reprit son souffle et continua

- Grâce à vos informations nous avons pu proceder à quelques interpellations bien maigre à mon gout mais bon... Nos services interrogent actuellemnt un certain Juan Priano ce nom vous dit il quelque chose?


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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Dim 21 Nov - 10:51

L’officier de police judiciaire regardait droit devant lui, écoutant distraitement le Vice-ministre lui faire son sermon. Peut-être qu’un procureur impérial avait eu à lui faire des reproches, peut-être s’inquiétait-il pour la vie de l’homme ; toujours était-il que tuer un pigeon n’était guère utile pour l’illustration, Lébian connaissant tout à fait les risques. Il restait donc inflexible, presque apathique, attendant que la discussion ne change de bord et se tourne vers des choses plus pragmatiques et immédiates.

L’annonce d’une révolte civile à Elbêröhnit n’arrangeait rien à la situation, bien au contraire. Désormais, le pouvoir central allait se concentrer sur ses affaires et laisser Batignoles à la manœuvre en Eslagne, ce qui n’était sûrement pas bon pour le personnage et pour sa vie. Visiblement agacé, Lébian lâcha un
« hum » plein de sens, la mâchoire soudainement crispée et le poing resserré. L’arrestation de Juan ne changea rien, bien au contraire :

« Ce nom me dit évidemment quelque chose puisque j’ai tenté de vous le communiquer à plusieurs reprises ! lâcha le commissaire, irrité. Toujours est-il que désormais, il va falloir passer à l’action. La bande à Manual Priano, le frère de Juan, me fait entièrement confiance. Un dénommé Salazar Ortis m’a donné pour ordre de vous abattre et de rapter un jeune homme, fils d’un entrepreneur du coin. Je leur ai demandé de me laisser une semaine de préparation afin de repérer les lieux. »

Pendant qu’il dissertait, sa main droite gantée s’était machinalement mise à pianoter sur son long manteau noir, preuve qu’il était en train de s’interroger et cherchait un raisonnement plaisant. Il se tut donc quelques instants, rassemblant les idées qui défilaient dans son esprit et suggéra :

« Le problème est que près de mille hommes, au minium, vont tenter d’attaquer la ville au même moment. Ma mission n’est qu’un objectif parmi d’autres, que je ne connais malheureusement pas. Il va donc falloir que vous fassiez le nécessaire pour ordonner au commandement des forces de police et de l’armée de faire le nécessaire pour que tous soient prêts à se battre en ville comme en dehors. Quant à vous, je vous suggère de partir au dernier moment de Beneline et de trouver refuge dans un endroit sûr et calme.

Je ferai diversion en m’en prenant à vos appartements et je ferai croire que je vous ai tué avant de retourner mon arme contre les régionalistes. Il vous suffira de laisser assez d’hommes dans les demeures mises à votre disposition pour procéder aux arrestations. Nous pourrons tenter de procéder de façon maligne à plusieurs endroits avec le même stratagème et je pense que nous pourrons parvenir à un résultat convenable.

Quant à Salazar Ortis, je m’en occuperai personnellement. Je suis l’un des rares à l’avoir vu de mes propres yeux et je saurai le reconnaître au milieu des assaillants… A moins que vous ne vouliez en disposer autrement. »
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MessageSujet: Re: [RP2] Arrivé du Vice-Ministre de l'Intérieur   Mar 28 Déc - 11:24


En entendant que sa personne fut la prochaine cible, Tancréde, ne put cacher sa joie, voici la preuve que ce qu'il faisait dans la ville, portait préjudice aux actions de ces soit disant révolutionnaires de pacotilles, et il ajouta:

- Bien alors ils veulent ma peau voilà une bonne chose ne pensez vous pas?

Il ajouta

- Un entrepreneur?de qui s'agit il ? je ferai en sorte de mettre cette famille à l'abri et vous vous ferez comme si vous aviez continuer votre mission sans encombres.

- Mille Personnes mmm je ferais venir des hommes, et quelques pièces d'artilleries qui nous seront necessaire, il vous fera les faire venir au milieu de la grande place de Beneline et nous nous occuperons du reste.

Partir certes non, j'ai une mission de l'Empereur et je l'accomplierai Monsieur, cela me parait être un bon plan Lébian nous ferons donc comme celà

Tancréde se leva

- Vous m'excuserez j'ai des dispositions à prendre pour les jours à venir

avec une légère claudication, Tancrede sortit du Parc et rentra discrétement dans ses appartements

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